Accueil » Éperviers du Togo : encore un coach sacrifié, encore un projet en suspens

Éperviers du Togo : encore un coach sacrifié, encore un projet en suspens

Rédigé par : Gapola

Le limogeage de Daré Nibombé, sélectionneur des Éperviers du Togo, intervient à un moment pour le moins délicat. À deux mois du coup d’envoi des éliminatoires de la CAN 2027, cette décision soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Une fois de plus, le football togolais semble prisonnier d’une logique de l’urgence, au détriment de la stabilité et de la vision à long terme.

Daré Nibombé n’était peut-être pas l’homme providentiel. Les résultats, le contenu des matchs et les choix techniques peuvent être débattus. Mais le problème fondamental n’est pas là. Le vrai malaise réside dans le timing et dans la répétition d’un même scénario : on change d’entraîneur sans changer de méthode, on espère des miracles sans construire de fondations solides.

À moins de deux mois d’une compétition qualificative majeure, limoger un sélectionneur revient à plonger la sélection dans l’incertitude. Qui prendra la relève ? Avec quel projet ? Sur quelles bases tactiques et humaines ? En l’absence de réponses claires, ce choix ressemble davantage à un geste de panique qu’à une décision stratégique mûrement réfléchie.

Depuis plusieurs années, les Éperviers avancent sans continuité. Chaque sélectionneur arrive avec ses idées, repart avant de les concrétiser, laissant derrière lui un groupe désorienté et un public désabusé. Dans ce contexte, l’entraîneur devient le bouc émissaire idéal, pendant que les véritables maux — gouvernance instable, absence de politique sportive cohérente, manque d’accompagnement des joueurs — restent intacts.

Le cas Daré Nibombé est d’autant plus symbolique qu’il s’agissait d’un technicien local, connaissant les réalités du football togolais. Son éviction pose aussi la question de la confiance accordée aux compétences nationales. Peut-on bâtir une sélection compétitive si chaque entraîneur, local ou étranger, travaille sous la menace permanente d’un limogeage précipité ?

Aujourd’hui, la Fédération Togolaise de Football (FTF) présidée par le Col Guy Kossi Akpovy est face à ses responsabilités. Elle doit prouver que ce énième changement n’est pas une fuite en avant, mais le début d’un vrai projet. Sans vision claire, sans objectifs réalistes et sans stabilité institutionnelle, les éliminatoires de la CAN 2027 risquent de devenir une nouvelle occasion manquée.

Le peuple togolais n’attend pas des miracles. Il attend de la cohérence, du courage managérial et une direction sportive lisible. À défaut, le limogeage de Daré Nibombé ne sera qu’un épisode de plus dans la longue série des rendez-vous ratés du football togolais.

@Gapola

Partager sur

A lire aussi...

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. AcceptER Lire Plus....

Politique de confidentialité et de cookies