Une vive tension secoue depuis plusieurs semaines certains riverains de Latékopé dans la commune d’Agoè-nyivé 6. Dans cette banlieue de la capitale togolaise, la population conteste les travaux de tranchées, d’implantation des piliers en béton et la pose de barbelés réalisés par les mandataires des propriétaires du domaine. Dimanche, ils ont manifesté leur ras-le-bol en demandant l’arrêt des travaux qui créent une ligne de démarcation entre des citoyens d’un même pays.
D’après des témoignages recueillis sur place, les populations affirment avoir découvert un beau matin des machines en train de creuser des tranchées.
« Nous n’avons reçu aucun avis. On nous a même empêchés d’approcher des lieux en raison de la présence d’hommes en uniforme armés », rapporte Kountondja Boldja.
Face à la situation, les riverains disent avoir saisi les autorités locales. « Le chef de quartier nous a demandé de ne pas nous inquiéter. Ensuite, une équipe technique envoyée par la mairie est venue constater les faits », explique un habitant. Mais selon ces derniers, la tentative de cessation des travaux n’aurait pas été suivie d’effet. « Malgré la décision municipale, les travaux ont continué », déplorent-ils.
Après le creusement des tranchées, les équipes en charge auraient procédé à l’implantation de piliers en béton, avant l’installation de barbelés. Une évolution qui a accentué l’inquiétude des familles concernées. « Certains accès auraient été obstrués, compliquant les déplacements quotidiens », confient plusieurs sources locales.
Alertées via les réseaux sociaux, des autorités administratives se seraient rendues sur les lieux pour évaluer la situation. Les habitants évoquent la présence d’une délégation comprenant des préfets, des responsables municipaux et des officiers supérieurs. « Ils ont demandé la réouverture d’un passage afin de permettre aux résidents d’accéder à leurs domiciles », indiquent-ils.
Quant aux motivations exactes des travaux, les populations interrogées affirment ne pas avoir été informées. « Nous ne savons pas s’il s’agit d’un litige foncier ou d’un autre projet », déclarent-elles, tout en appelant à une clarification officielle.
Des accusations de manipulation médiatique ont également circulé après la diffusion d’un reportage sur l’affaire. Des allégations rejetées par les habitants concernés, qui défendent le travail d’observation du journaliste.
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore été rendue publique sur la nature précise du chantier. Les riverains, eux, appellent à une intervention rapide des autorités compétentes notamment, le président du conseil, Faure Gnassingbé de rétablir la sérénité et garantir le respect de la loi.
@Gapola





