Le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a officiellement lancé lundi 26 janvier 2026, à Lomé, un projet ambitieux intitulé : « Amélioration de la qualité d’accueil et lutte contre la mauvaise gouvernance et les actes illicites dans les centres de santé au Togo ». Cette initiative fait suite à de nombreuses plaintes exprimées par les populations concernant les conditions d’accueil et la qualité des soins dans les structures sanitaires publiques.
Selon le SYNPHOT, ces plaintes remettent en question l’effectivité du droit à la santé, pourtant inscrit dans la Constitution togolaise et le Code de santé publique. Les hôpitaux publics, y compris ceux de référence censés offrir les meilleurs soins, figurent paradoxalement parmi les structures les moins bien perçues par les usagers. Les délais d’accueil et de prise en charge sont jugés excessivement longs, l’orientation des patients reste insuffisante et l’accueil manque souvent de chaleur humaine. À cela s’ajoutent des agressions verbales récurrentes entre soignants, patients et accompagnants, ainsi que des reports fréquents de rendez-vous.
Pour le SYNPHOT, l’amélioration de l’accueil, de l’hygiène hospitalière et la lutte contre la mauvaise gouvernance constituent un enjeu impliquant l’ensemble des acteurs du système de santé. Il s’agit, selon les responsables du syndicat, d’un acte de civisme, de courage et de responsabilité partagée visant à renforcer durablement le système sanitaire togolais.
« Refonder la confiance des usagers passe par l’amélioration de la relation soignant-soigné, par un dialogue communautaire permettant d’expliquer l’hôpital aux populations et par la mise à niveau des infrastructures selon les exigences de l’accueil et de l’hygiène hospitalière », a déclaré Nathalie Babaté Bamana.
L’assistante spéciale du secrétaire général du SYNPHOT a également souligné l’importance de la valorisation du personnel de santé. Selon elle, le bien-être des soignants demeure un facteur déterminant de la qualité des soins. Des réformes audacieuses, telles que la Fonction publique hospitalière, la convention collective du secteur de la santé et la réforme hospitalière, sont évoquées comme leviers pour rendre la profession plus attractive et motivante.
Un projet aligné sur les priorités nationales de développement
Le projet s’inscrit dans le cadre de la Stratégie intérimaire de croissance économique et de lutte contre la pauvreté, qui vise à promouvoir la bonne gouvernance, améliorer le capital humain et renforcer les conditions de vie des populations. Avec l’appui des partenaires techniques et financiers, il sera déployé sur toute l’étendue du territoire national, de Lomé à Cinkassé.
Présent à la cérémonie de lancement, le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, a salué l’initiative et rappelé son importance pour la crédibilité de l’État.
« Le projet s’inscrit dans une dynamique d’assainissement, de modernisation et de responsabilisation visant à faire de nos structures sanitaires des espaces de confiance, de respect des droits, d’éthique professionnelle et de bonne gouvernance », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que la qualité de l’accueil, le respect des procédures et la lutte contre les actes illicites ne relèvent pas du simple confort administratif.
« Ils conditionnent la performance des systèmes de santé, influencent le recours aux soins, renforcent la crédibilité de l’État et préservent la cohésion sociale », a précisé le préfet.
À travers ce projet, le SYNPHOT ambitionne de faire de la qualité de l’accueil, d’un système de santé moderne, humain et dynamique, ainsi que du travail décent, des marques distinctives du Togo dans la sous-région et en Afrique. Pour les initiateurs, le respect mutuel, des infrastructures propres et adaptées, ainsi que des plateaux techniques performants demeurent les fondements d’une offre de soins de qualité au service des populations.
@Gapola




