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Paul Sandaogo Damiba est entre les mains des autorités burkinabè

Rédigé par : Gapola

Le lieutenant-colonel Henri Paul Sandaogo Damiba a retrouvé son Burkina Faso natal. Ancien chef de la junte burkinabè, renversé en septembre 2022, il aurait été extradé du Togo, où il vivait en exil depuis sa chute du pouvoir. Cette extradition, intervenue lundi 19 janvier 2026, selon des sources concordantes, marque un tournant majeur dans le dossier de l’ex-dirigeant militaire.

D’après des proches de l’ancien chef militaire, les événements se seraient brusquement accélérés au cours de la semaine écoulée. Des hommes se seraient présentés à son domicile à Lomé, marquant le début d’une procédure qui allait conduire à son transfert vers le Burkina Faso. Toujours selon son entourage, Henri Damiba aurait été présenté devant une juridiction, où il lui aurait été notifié des accusations de « tentative de déstabilisation ». À l’issue de cette comparution, il ne serait plus libre de ses mouvements.

Les mêmes indiscrétions indiquent qu’une valise noire contenant ses effets personnels lui aurait été remise. Avant d’être conduit à l’aéroport, Henri Damiba aurait eu le temps de dire à son épouse « du courage », selon les  sources identiques.

Un ancien chef de transition devenu ennemi intérieur

Arrivé au pouvoir en janvier 2022 à la faveur d’un coup d’État contre le président élu Roch Marc Christian Kaboré, Henri Damiba avait lui-même incarné la promesse d’un redressement sécuritaire et institutionnel du Burkina Faso. Moins de huit mois plus tard, en septembre 2022, il était renversé par un nouveau coup d’État conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, accusant son prédécesseur d’inefficacité dans la lutte contre les groupes armés et de dérive politique.

Depuis son éviction, Henri Paul Damiba s’était installé en exil à Lomé, au Togo, dans un relatif silence médiatique. Toutefois, sa figure est restée au cœur des soupçons et des tensions internes au sein de l’appareil sécuritaire burkinabè.

À plusieurs reprises, les autorités militaires actuellement au pouvoir à Ouagadougou ont accusé l’ancien lieutenant-colonel d’être impliqué dans des tentatives de déstabilisation, évoquant des liens avec des réseaux militaires ou civils opposés à la transition en cours. Ibrahim Traore et son gouvernement ont  également réclamé publiquement son rapatriement afin qu’il réponde devant la justice burkinabè.

Une transition sous pression et marquée par les purges

Cette extradition présumée intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. La transition burkinabè, initialement présentée comme une réponse temporaire à la crise sécuritaire, s’est progressivement durcie. Les autorités actuelles font face à une insécurité persistante, à des tensions sociales croissantes et à une méfiance accrue vis-à-vis des anciens cercles du pouvoir militaire.

Depuis 2023, plusieurs officiers et civils ont été interpellés ou poursuivis pour complot, tentative de coup d’État ou atteinte à la sûreté de l’État. Ces précédents judiciaires témoignent d’une volonté affichée du pouvoir de neutraliser toute menace interne, réelle ou supposée, dans un climat où les luttes d’influence au sein de l’armée demeurent vives.

Dans ce cadre, le cas Damiba apparaît comme hautement symbolique. L’ancien chef de l’État issu de l’armée, renversé par ses propres compagnons d’armes,  incarne à la fois la fragilité des transitions militaires et la profondeur des fractures internes.

Si aucune confirmation officielle détaillée n’a encore été rendue publique sur les modalités exactes de cette extradition, les informations relayées par l’entourage de l’ancien chef de la junte suggèrent une opération menée avec rapidité et discrétion, probablement en coordination entre autorités togolaises et burkinabè.

Le retour forcé d’Henri Damiba à Ouagadougou pourrait marquer une nouvelle étape décisive pour la transition burkinabè, tant sur le plan judiciaire que politique. Son éventuelle mise en accusation pourrait servir de signal fort adressé aux autres figures militaires ou civiles soupçonnées de contestation, mais aussi raviver les débats sur l’État de droit et la gestion des rivalités internes au sein du pouvoir.

@Gapola

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