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Togo : Kafui Adjamagbo-Johnson dresse un bilan politique 2025 sous le sceau de la contestation

Rédigé par : Gapola

Kafui Adjamagbo-Johnson, députée de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) à l’Assemblée nationale et secrétaire générale de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), a présenté samedi 31 janvier 2026 le bilan de ses actions menées en 2025. L’exercice, organisé devant des citoyens togolais, a porté aussi bien sur son activité parlementaire que sur ses interventions au sein des communautés.

Cette restitution publique s’inscrit dans un contexte politique marqué par la contestation persistante de la 5e République. Figure emblématique de l’opposition togolaise, la députée a structuré son intervention autour de trois axes majeurs. Notamment les actes de rejet de la nouvelle architecture institutionnelle, le contrôle de l’action gouvernementale et ses prises de position dans le processus législatif.

Revenant sur la participation de la DMP à l’Assemblée nationale issue des législatives du 29 avril 2024, Mme Adjamagbo-Johnson a reconnu un choix « difficile mais assumé ». Elle a rappelé que ce scrutin avait été, selon son parti, entaché de fraudes massives et conçu pour affaiblir l’opposition en la cantonnant à un rôle marginal. Malgré ce contexte, la DMP a opté pour une présence parlementaire qu’elle présente comme un espace de résistance politique.

Tout au long de l’année 2025, la formation politique affirme avoir adopté une posture de refus systématique à l’égard des mécanismes de mise en œuvre de la Constitution de la 5e République, qualifiée d’« anticonstitutionnelle » et d’« illégitime », tant dans son origine que dans ses conséquences institutionnelles.

Parmi les actions mises en avant figurent le boycott des cérémonies du 3 mai 2025 consacrées à l’installation des nouvelles institutions, l’absence volontaire au Congrès sur l’état de la nation, le soutien aux mobilisations citoyennes pour les libertés publiques, ainsi que des initiatives de contrôle de l’action gouvernementale sur le terrain.

Sur le plan législatif, la députée a indiqué avoir pris part à l’examen du projet de loi de finances, exercice 2026. Elle a toutefois dénoncé un budget qu’elle juge déséquilibré, estimant que les secteurs sociaux demeurent structurellement sous-financés au profit du service de la dette, au détriment des besoins réels des populations.

La DMP revendique également une activité soutenue de contrôle parlementaire. En 2025, 267 questions écrites ont été adressées au gouvernement sur des faits sociaux et des préoccupations citoyennes. Un chiffre qui contraste fortement avec la faible réactivité de l’exécutif, puisque seules deux réponses officielles auraient été enregistrées. Des visites de terrain et des actions de solidarité envers les victimes de la répression politique ont par ailleurs été menées.

À travers ce bilan, Kafui Adjamagbo Johnson réaffirme la ligne politique de la DMP, articulée autour de deux priorités : la lutte pour la fin du régime en place et l’alternance politique, notamment par l’opposition à la 5e République, et, dans l’intervalle, la pression institutionnelle sur les autorités afin qu’elles prennent en compte les intérêts des populations.

Si ce bilan se veut un acte de reddition de comptes, il met également en lumière les limites de l’action parlementaire de l’opposition dans un contexte institutionnel verrouillé, où l’interpellation politique peine à produire des réponses concrètes de la part du pouvoir exécutif.

@Gapola

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