Invité d’honneur de la 51ᵉ édition du Symposium mondial du nucléaire à Londres, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a défendu une approche africaine du développement nucléaire, axée sur la préparation, les partenariats et le financement. Il a également annoncé l’accueil à Lomé de la troisième édition du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), du 1er au 3 juin 2027.
À l’heure où l’énergie nucléaire retrouve une place centrale dans les stratégies énergétiques mondiales, l’Afrique entend prendre part à cette nouvelle dynamique. À Londres, le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a plaidé pour que le continent ne soit pas un simple bénéficiaire des technologies nucléaires, mais un partenaire à part entière dans leur développement et leur déploiement.
Intervenant lors de la 51ᵉ édition du Symposium mondial du nucléaire, organisée autour du thème : « De l’ambition à l’action », le dirigeant togolais a insisté sur la nécessité de passer des déclarations d’intention à des initiatives concrètes. Selon lui, le regain d’intérêt mondial pour l’énergie nucléaire offre une opportunité à l’Afrique de répondre à ses importants besoins énergétiques, tout en soutenant son industrialisation et sa transition climatique.
L’Afrique face à un défi énergétique majeur
Pour Faure Gnassingbé, le développement du continent africain nécessitera une énergie fiable, disponible en quantité suffisante et capable d’accompagner les ambitions d’industrialisation.
« Pour l’Afrique, cette transition est particulièrement importante », a-t-il souligné, évoquant les besoins croissants dans les domaines de l’industrie, de la santé, du numérique et des infrastructures.
Dans cette perspective, les technologies nucléaires émergentes, notamment les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs, pourraient constituer des pistes adaptées à certains besoins africains.
Mais le Président du Conseil insiste sur un point essentiel : l’Afrique ne recherche pas uniquement l’accès à une technologie. Elle souhaite construire de véritables partenariats.
« L’Afrique ne demande pas simplement une technologie. Elle demande un véritable partenariat. L’Afrique offre un marché et une vision de son propre avenir énergétique », a-t-il déclaré.
Le Togo prépare son entrée dans l’ère nucléaire
Le Togo entend lui-même se préparer à cette nouvelle donne. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2012, le pays a progressivement renforcé son cadre institutionnel et réglementaire consacré à l’utilisation pacifique et sûre des technologies nucléaires.
Le Président du Conseil a rappelé la création, en janvier 2025, du Commissariat à l’énergie atomique, ainsi que la signature d’un nouveau cadre de coopération avec l’AIEA.
« Nous évaluons les technologies susceptibles de répondre à nos besoins futurs, ainsi que les partenariats et mécanismes de financement nécessaires », a-t-il indiqué.
Cette démarche s’inscrit également dans les engagements pris lors de la deuxième édition du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), tenue à Kigali en 2026.
Pour Faure Gnassingbé, une politique nucléaire responsable ne saurait commencer avec la construction d’un réacteur. Elle doit être précédée par la mise en place d’institutions solides, d’une réglementation appropriée, de compétences humaines et de mécanismes de financement adaptés.
Le financement, le principal obstacle
Si les perspectives sont importantes, le développement du nucléaire en Afrique reste confronté à un défi de taille : le financement.
Les projets nucléaires nécessitent en effet des investissements considérables et s’inscrivent dans des cycles de développement particulièrement longs. Ils supposent donc des mécanismes financiers capables de prendre en compte des risques et des horizons qui peuvent s’étendre sur plusieurs décennies.
« Le financement reste l’un des défis les plus importants du déploiement nucléaire en Afrique », a reconnu le Président du Conseil.
À Londres, il a ainsi appelé à transformer les réflexions engagées au niveau international en mécanismes financiers concrets permettant aux pays africains d’accéder aux ressources nécessaires à leurs projets.
NEISA 2027 : Lomé prend le relais de Kigali
C’est dans cette dynamique que le Togo accueillera la troisième édition du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), du 1er au 3 juin 2027 à Lomé.
L’annonce faite par Faure Gnassingbé confère au Togo un rôle accru dans les discussions continentales sur l’avenir du nucléaire. Pour le dirigeant togolais, le transfert du sommet de Kigali à Lomé dépasse le simple changement de lieu.
« Nous considérons ce passage de Kigali à Lomé comme bien plus qu’un simple changement de ville ou de lieu : il représente la continuité, le partenariat et l’élargissement de la dynamique nucléaire africaine », a-t-il affirmé.
L’objectif sera notamment de poursuivre les échanges sur la préparation institutionnelle, le financement, la formation, le développement des capacités industrielles, la réglementation et les conditions nécessaires à un déploiement responsable du nucléaire en Afrique.
Le Togo rejoint l’engagement mondial
Autre annonce importante faite à Londres : le Togo a décidé d’adhérer à la Déclaration visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050, lancée lors de la COP28.
À travers cette adhésion, Lomé entend contribuer aux efforts internationaux visant à renforcer la place de l’énergie nucléaire dans la sécurité énergétique et la lutte contre le changement climatique, tout en réaffirmant son attachement aux exigences de sûreté, de sécurité et d’utilisation exclusivement pacifique des technologies nucléaires.
De Londres à Lomé, le nucléaire africain veut passer à l’action
À travers son intervention au Symposium mondial du nucléaire, Faure Gnassingbé a ainsi défendu une vision du nucléaire comme outil potentiel de développement, d’industrialisation et d’innovation pour l’Afrique.
L’enjeu, selon cette approche, est désormais de faire en sorte que le renouveau mondial de l’énergie nucléaire puisse également profiter au continent, en favorisant l’accès à l’énergie, le développement des infrastructures, l’innovation technologique et le renforcement des compétences.
Dans cette perspective, Lomé sera au cœur du débat nucléaire africain en juin 2027 avec la tenue de NEISA 2027. Un rendez-vous qui devrait permettre de prolonger les discussions engagées à Kigali et de mettre davantage l’accent sur l’investissement, les partenariats et le passage à l’action.
Les travaux du Symposium mondial du nucléaire ont par ailleurs été ponctués d’expositions consacrées aux produits, services et initiatives des différents acteurs du secteur. Des rencontres B2B ont également permis aux participants d’échanger, de nouer des partenariats et d’explorer de nouvelles opportunités de collaboration.
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