Le 9ème Congrès panafricain a été ouvert lundi 08 décembre 2025, à Lomé, par Faure Gnassingbé, président du Conseil. Ce premier Congrès panafricain, après près d’un siècle réunit l’Afrique, la diaspora et les Afrodescendants à un moment où l’Afrique n’est plus périphérique et déterminée à ne plus être modelée par d’autres.
En accueillant le 9ème Congrès panafricain, Lomé́ se veut un lieu d’ancrage, de mémoire et de projection où l’Afrique parle pour elle-même, et décide d’elle-même.
Dans un discours empreint de solennité, le président du Conseil Faure Gnassingbé a dénoncé le fait que pendant des siècles, les peuples africains ont été dispersés, réduits au silence, orphelins de leur propre voix dans le concert des nations.
« Ce 9ème Congrès arrive à un moment où l’Afrique n’est plus périphérique. Elle n’est plus silencieuse. Elle est jeune. Elle est forte. Elle est ouverte au monde, et déterminée à ne plus être modelée par d’autres. Ce 9ème Congrès n’est donc pas une commémoration. C’est une réaffirmation. C’est une reconquête. C’est un tournant. Car jamais, jamais depuis les indépendances, notre destin collectif n’a été́ autant entre nos mains. Jamais notre voix n’a été autant attendue. Jamais nos choix n’ont eu autant de résonance dans le monde », a-t-il indiqué.
Selon Faure Gnassingbé, le renouveau panafricain est une nécessité stratégique car le monde change, l’ordre international se recompose. De nouveaux pôles émergent.
« Dans ce moment de transformation, une réalité́ s’impose : aucune nation africaine ne peut affronter seule l’ampleur des défis contemporains. Ni l’injustice climatique. Ni les crises sanitaires. Ni les fractures technologiques. Ni la compétition économique mondiale. Le panafricanisme n’est donc plus seulement une idée. C’est un impératif. C’est une stratégie de souveraineté. Il s’agit de décider pour nous-mêmes, sur la base d’une vision collective, réaliste et ambitieuse », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Le panafricanisme que nous appelons ici n’est pas celui des slogans. C’est un panafricanisme pragmatique et exigeant. Un panafricanisme qui unit nos peuples, nos cultures, nos marchés, nos savoirs. Un panafricanisme capable d’agir dans un monde qui, lui, ne nous attendra pas ».
Pour le président du Conseil, le congrès de Lomé doit réaffirmer une vérité́ simple : « l’Afrique ne peut plus se contenter d’être spectatrice. Divisée, elle sera vulnérable. Unie, elle sera ».
Plaidant pour la réforme du multilatéralisme est aujourd’hui une exigence, M. Gnassingbé croit que le monde ne peut plus être gouverné sans l’Afrique.
« Aujourd’hui, le Sud global s’affirme. Le système international a été conçu sans nous a été pensé dans un monde qui n’existe plus. Nos nations étaient encore sous domination coloniale. Nos peuples n’avaient pas voix au chapitre. Aujourd’hui, un continent de 1,4 milliard d’habitants, qui représente 28% des États membres de l’ONU, et bientôt le quart de l’humanité, n’a toujours pas de siège permanent au Conseil de sécurité́. Ce n’est pas une anomalie, c’est une aberration », a-t-il lancé.
Ne comprenant pas que le continent soit resté absent des lieux où se décide la paix, le commerce ou la finance mondiale depuis le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, le président du Conseil plaide pour que l’Afrique ait 2 sièges permanents au conseil de sécurité́ avec droit de véto.
« Cette position est juste. Elle est légitime. Et il faut qu’elle soit entendue. Mais nous devons aller plus loin : il faut réformer les institutions, et réformer les institutions. Les deux sont indispensables. Réformer les institutions, c’est corriger les déséquilibres de gouvernance. Réformer dans les institutions. Reformer dans les institutions, c’est peser davantage au quotidien, dans les décisions, dans les normes, dans les financements », a-t-il invité.
Ainsi, ce congrès devait transformer les principes en plan d’action africain et la réforme du multilatéralisme est une condition de stabilité́ pour le monde entier.
Conscient que le développement ne viendra pas de solutions venues d’ailleurs, Faure Gnassingbé demande à ce que les ressources naturelles, les jeunes talents, les entreprises, les diasporas, les savoirs et les cultures doivent constituer de principal levier d’action pour le continent.
Croyant que l’Afrique est une et indivisible et le panafricanisme global, M. Gnassingbé pense que la diaspora et les Afrodescendants sont une source immense de savoirs, de créativité́, et surtout d’influence. Ils prolongent l’Afrique dans le monde.
« Ce congrès doit réaffirmer l’unité́ de cette grande famille africaine : une unité́ historique, une unité́ politique, une unité́ culturelle et enfin une unité́ de destin », a-t-il souhaité et appelé à la reconquête du narratif et l’identité de l’Afrique.
@Gapola







