La région de la Kara traverse l’une des crises hydriques les plus sévères de son histoire récente. Depuis le début de l’année, une pluviométrie exceptionnellement faible a bouleversé l’équilibre naturel des ressources en eau, provoquant une installation précoce de la saison sèche et un assèchement progressif des sources alternatives utilisées par les populations. Cette situation, directement liée aux effets du changement climatique, met sous forte tension l’approvisionnement en eau potable dans la ville de Kara et ses environs.
Au cœur de cette crise se trouve le barrage de la Kozah, principal ouvrage d’alimentation en eau potable des préfectures de la Kozah, de la Doufelgou et de la Binah. Mis en service en 1979, ce barrage a longtemps bénéficié de conditions hydrologiques favorables. Or, à la sortie de la dernière saison pluvieuse, son niveau d’eau s’est établi à moins de huit mètres, contre seize mètres à la même période l’année précédente. Un niveau historiquement bas, jamais enregistré depuis sa mise en exploitation.
Cette chute spectaculaire du volume d’eau disponible a entraîné une réduction d’environ quarante pour cent de la capacité de production. La production journalière, habituellement estimée à onze mille mètres cubes, ne dépasse plus quatre mille cinq cents mètres cubes. À cette contrainte majeure s’ajoutent des facteurs aggravants tels que l’évaporation accrue due aux fortes températures, la croissance démographique rapide et l’assèchement des sources alternatives, qui accentuent la pression sur le barrage.

L’Etat en première ligne
Face à cette situation, le Gouvernement togolais a engagé une réponse anticipative et structurée afin de limiter l’impact sur les populations. Des actions urgentes ont été lancées pour récupérer et valoriser des forages existants dans les zones semi urbaines de Kara, Niamtougou et Pagouda. Plusieurs ouvrages ont déjà été remis en service et raccordés au réseau de distribution, permettant de renforcer l’approvisionnement dans les quartiers périphériques et les zones en altitude, souvent les plus touchées par les baisses de pression.
Parallèlement, un vaste programme de réalisation de nouveaux forages a été enclenché. Cent cinquante forages d’adduction d’eau potable sont prévus dans les zones urbaines et semi urbaines de la région. Les travaux ont déjà démarré et les premiers résultats sont encourageants, avec plusieurs ouvrages achevés en un temps record afin de répondre à l’urgence.
Au-delà de ces mesures immédiates, des solutions durables sont à l’étude pour sécuriser l’alimentation en eau potable à moyen et long termes. Des projets structurants, incluant la construction de nouveaux barrages, la mobilisation de ressources alternatives et l’amélioration du réseau de distribution, s’inscrivent dans une vision résiliente adaptée aux défis du changement climatique.
Dans ce contexte difficile, un appel au civisme est lancé à l’ensemble de la population. L’eau potable, ressource vitale et limitée, doit être utilisée avec responsabilité. La réduction du gaspillage et l’adoption de comportements économes constituent aujourd’hui un levier essentiel pour traverser cette période critique et préserver l’accès à l’eau pour tous.
@Gapola







