Prof Dodzi Komla Kokoroko dresse un constat préoccupant de la forte exploitation illégale du bois au Togo, malgré les efforts de reboisement engagés depuis des décennies. Cette situation menace durablement les ressources forestières nationales et l’équilibre écologique. Le ministre de l’Environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique interpelle les citoyens et les acteurs de la filière à un strict respect de la réglementation et à un engagement collectif.
C’est un secret de polichinelle. Chaque 1er juin au Togo est consacré à la mise en terre de plants et à la sensibilisation des populations à la préservation du patrimoine forestier. Au fil des années, les communautés, avec l’appui de l’État et de ses partenaires au développement, ont multiplié les actions de reboisement, d’aménagement forestier et de plantations d’essences forestières et fruitières à vocation économique, agroforestière et écologique.
« Malgré ces initiatives, le pays reste confronté à une exploitation frauduleuse et abusive de ses forêts. Entre 1990 et 2015, le taux moyen annuel de déforestation s’est établi à 0,42 %, soit une perte d’environ 5 679 hectares de couverture forestière chaque année ».
Face à cette tendance alarmante, le ministère de l’Environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique a engagé une série de réformes destinées à mieux encadrer l’exploitation du bois.
Appel à la protection des ressources forestières
Le nouveau code forestier impose l’obtention d’autorisations pour la coupe, l’importation, le transport et la circulation du bois, tout en permettant à toute personne physique ou morale d’exercer ces activités dans le strict respect de la réglementation.
« La protection des ressources forestières est une responsabilité collective, car elle conditionne la durabilité de notre environnement et le bien-être des populations », a rappelé le ministère de l’environnement qui souligne que la rigueur dans l’application des textes est indispensable pour mettre fin aux pratiques illégales.
Le Togo n’étant pas un pays à forte couverture forestière, sa production nationale de bois demeure insuffisante pour satisfaire la demande locale. Le ministère encourage ainsi l’importation de bois en provenance des pays voisins, et dans le respect des procédures en vigueur, tout en intensifiant les programmes de reboisement sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de porter la couverture forestière nationale à 26 % et de planter un milliard d’arbres d’ici 2030.
Toutefois, les contrôles forestiers menés depuis octobre 2025 révèlent que le marché du bois est encore largement alimenté par l’exploitation illégale sur le territoire national, entraînant une pénurie ressentie par les consommateurs. Le non-respect des autorisations par de nombreux opérateurs compromet une gestion durable des forêts et fragilise les communautés locales.
Le ministère appelle donc l’ensemble des citoyens togolais, en particulier les acteurs de la filière bois, à se conformer aux dispositions réglementaires en vigueur et à s’impliquer activement dans les efforts de reboisement. Cette mobilisation collective est essentielle pour inverser la courbe de la déforestation et garantir un avenir plus vert aux générations futures.
@Gapola







