Lomé accueille, du 29 septembre au 1er octobre 2026, la première session de la Commission intergouvernementale entre la République togolaise et la Fédération de Russie. Une rencontre qui entend donner un cadre régulier et structuré au partenariat entre les deux pays, avec un accent particulier sur l’éducation, l’énergie, les mines, la recherche et les hydrocarbures.
Cette première session constitue une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre le Togo et la Russie. Elle fait suite aux engagements pris lors de la visite de travail du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, à Moscou en novembre 2025.
À travers cette Commission intergouvernementale, les deux pays veulent désormais inscrire leur coopération dans la durée, avec un mécanisme permanent permettant d’évaluer les acquis, d’identifier de nouvelles opportunités et d’assurer le suivi des engagements pris de part et d’autre.
Sept secteurs au cœur des discussions
Les travaux portent sur sept domaines prioritaires : l’éducation, la science et la technologie, la diplomatie académique, l’industrie et les mines, l’énergie, le nucléaire civil et les hydrocarbures.
Ces secteurs répondent à plusieurs enjeux stratégiques pour le Togo, notamment le développement des compétences, la recherche scientifique, la transformation économique, la valorisation des ressources naturelles et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique.
La coopération entre les deux pays dispose déjà de plusieurs acquis. Dans le domaine de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, le quota annuel de bourses scientifiques accordées au Togo est passé de 86 en 2024 à 250.
Par ailleurs, 41 ingénieurs-formateurs togolais doivent bénéficier d’une formation au Tatarstan. La coopération universitaire s’est également renforcée avec des partenariats conclus avec trois universités russes ainsi que la signature d’une convention-cadre avec le Centre de diplomatie publique.
Les chercheurs togolais devraient également pouvoir accéder aux infrastructures scientifiques du synchrotron SKIF, ouvrant de nouvelles perspectives en matière de recherche et d’innovation.
Mines, énergie et hydrocarbures en ligne de mire
Dans le secteur industriel et minier, les discussions portent notamment sur le renforcement des capacités techniques, l’analyse géologique de pointe et le transfert de savoir-faire. L’objectif affiché est de favoriser une meilleure valorisation locale des ressources et de renforcer les compétences nationales.
Le volet énergétique occupe également une place importante. Les échanges portent sur des partenariats susceptibles de contribuer à l’amélioration de l’accès à l’électricité et à la sécurité de l’approvisionnement.
Concernant le nucléaire civil, la coopération envisagée concerne principalement la formation, la recherche ainsi que les applications médicales et agricoles. Elle devra s’inscrire dans le respect des engagements internationaux du Togo et des normes en matière de sûreté et de sécurité.
Pour les hydrocarbures, les discussions concernent notamment l’approvisionnement, le stockage et les enjeux logistiques, dans un contexte où le Port autonome de Lomé constitue un point d’appui important pour les échanges avec les pays de l’hinterland ouest-africain.
Lomé veut renforcer son rôle de plateforme régionale
La position géographique du Togo constitue un autre atout mis en avant dans cette dynamique. Porte d’entrée de l’hinterland ouest-africain, le pays entend s’appuyer sur ses capacités logistiques, industrielles, scientifiques et humaines pour soutenir son développement et renforcer les échanges sous-régionaux.
Cette orientation pourrait conforter la vocation de Lomé comme plateforme régionale, notamment dans les domaines du commerce, de la logistique, de la formation et des services.
Une coopération dans une logique de diversification
Le rapprochement avec Moscou intervient par ailleurs dans le cadre d’une politique plus large de diversification des partenariats internationaux du Togo. Lomé poursuit simultanément ses relations avec ses partenaires européens, africains, asiatiques et arabes.
À l’issue des travaux de la Commission, les éventuels projets identifiés devraient faire l’objet d’accords spécifiques. Leur mise en œuvre devra se conformer au droit togolais, aux engagements internationaux du pays ainsi qu’aux procédures budgétaires et parlementaires en vigueur.
Avec cette première session de la Commission intergouvernementale, le Togo et la Russie cherchent ainsi à transformer leurs relations bilatérales en projets concrets, en mettant l’accent sur la formation, la recherche, les ressources naturelles, l’énergie et les échanges économiques.
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