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Faure Gnassingbé à Pékin : le Togo veut transformer le partenariat stratégique avec la Chine en investissements

Rédigé par : Gapola

Une nouvelle étape s’ouvre dans les relations entre Lomé et Pékin. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, entame vendredi 9 octobre une visite officielle en Chine, à l’invitation du Premier ministre chinois Li Qiang. Prévue jusqu’au 16 octobre, cette visite place au premier plan le renforcement du partenariat stratégique et la recherche de nouvelles opportunités économiques.

Le déplacement de Faure Gnassingbé intervient dans un contexte de rapprochement accru entre le Togo et la Chine. Les autorités chinoises ont confirmé que le dirigeant togolais séjournera en Chine du 9 au 16 octobre 2026. Au cours de cette visite, il doit notamment rencontrer le président Xi Jinping, tandis que le Premier ministre Li Qiang et le président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire, Zhao Leji, auront également des échanges avec lui.

Pékin au cœur d’une nouvelle séquence diplomatique

Cette visite intervient deux ans après le passage des relations entre Lomé et Pékin au rang de partenariat stratégique global, décidé en septembre 2024 lors d’un entretien entre Faure Gnassingbé et Xi Jinping.

Depuis l’établissement des relations diplomatiques, le 19 septembre 1972, la coopération sino-togolaise s’est progressivement étendue à plusieurs secteurs, notamment les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, les télécommunications, la santé, l’éducation et la formation.

Pour Pékin, la relation avec Lomé est aujourd’hui celle d’un partenariat stratégique global. Le ministère chinois des Affaires étrangères estime que les échanges entre les deux pays ont produit des résultats dans de nombreux domaines et souligne leur coopération sur les questions d’intérêt commun. La diplomatie chinoise présente également cette relation comme un exemple de coopération entre pays de tailles différentes au sein du Sud global.

Des échanges au plus haut niveau

Le programme annoncé prévoit donc une forte séquence politique. Faure Gnassingbé doit s’entretenir avec Xi Jinping et avoir des échanges avec Li Qiang et Zhao Leji.

La visite ne se limitera toutefois pas à Pékin. Le dirigeant togolais doit également se rendre dans les provinces du Shaanxi, du Fujian et du Guangdong, trois territoires chinois présentant des expériences et des capacités économiques susceptibles d’intéresser le Togo.

Ces déplacements de terrain devraient permettre d’examiner des modèles de développement, des réalisations technologiques et des opportunités de coopération susceptibles d’alimenter de futurs projets entre les deux pays.

La carte des investissements au cœur du déplacement

Au-delà des rencontres diplomatiques, l’enjeu économique devrait occuper une place importante dans cette visite.

L’objectif pour Lomé est de renforcer les passerelles entre les relations politiques et la mobilisation d’investissements chinois en faveur des priorités nationales. Les échanges avec les opérateurs économiques et investisseurs chinois doivent notamment permettre d’explorer de nouvelles possibilités de partenariats et de projets.

Cette orientation s’inscrit dans la volonté du Togo d’attirer davantage de capitaux, de technologies et de savoir-faire pour soutenir ses ambitions de transformation économique.

Les secteurs liés aux infrastructures, à l’agriculture, à l’eau, à la connectivité, aux technologies, à l’énergie et à l’économie numérique figurent parmi les domaines ayant déjà été identifiés comme prioritaires dans le renforcement de la coopération bilatérale.

De la coopération à la concrétisation

Le défi de cette nouvelle séquence est désormais de transformer les engagements politiques en réalisations concrètes.

Le passage au partenariat stratégique global en 2024 avait marqué un relèvement du niveau des relations entre les deux pays. Deux ans plus tard, la nouvelle visite de Faure Gnassingbé intervient avec une ambition supplémentaire : donner davantage de contenu économique à cette architecture diplomatique.

Pour Lomé, la Chine représente à la fois un partenaire politique, une source potentielle d’investissements et un important réservoir de technologies et d’expertises. Pour Pékin, le Togo constitue également un partenaire avec lequel la coopération est appelée à continuer de se développer.

Plus d’un demi-siècle d’amitié sino-togolaise

La relation entre les deux pays repose sur une histoire de plus de cinq décennies. Les relations diplomatiques ont été établies en 1972 et se sont progressivement densifiées.

La Chine et le Togo coopèrent aujourd’hui dans de nombreux secteurs, tandis que les échanges humains se sont également développés à travers l’éducation, la formation et la santé.

La visite du 9 au 16 octobre s’inscrit donc dans une relation ancienne, mais à un moment où les deux capitales cherchent à lui donner une nouvelle dimension.

Pour Lomé, l’enjeu est désormais clair : après avoir élevé la relation sino-togolaise au rang de partenariat stratégique global, il s’agit de convertir cet acquis diplomatique en projets, en investissements et en nouvelles opportunités pour l’économie togolaise. La séquence chinoise de Faure Gnassingbé apparaît ainsi comme un rendez-vous destiné à rapprocher davantage diplomatie et développement économique.

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