Face à la multiplication des rumeurs sur les réseaux sociaux, le gouvernement togolais est monté au créneau vendredi 13 mars 2026, à Lomé, lors d’une conférence de presse très attendue. Les autorités ont tenu à rassurer la population sur les supposées vagues d’enlèvements signalées ces dernières semaines. Le ministre de la Sécurité a fait le point de l’enquête ouverte avec des chiffres officiels détaillés en présence de ses collègues ministres de la Justice, de la Communication, et de l’Administration territoriale.
Face à la presse, le gouvernement a fermement rejeté les allégations relayées ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Selon les autorités, les publications virales évoquant l’existence d’un vaste réseau d’enlèvements ne reposent sur aucun élément vérifié et participent à installer un climat de peur injustifié au sein de la population.
Le ministre de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, a affiché une position très ferme. « Les informations qui circulent sont largement exagérées », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de s’appuyer uniquement sur des données officielles. Son collègue garde des Sceaux, ministre de la Justice Pacôme Adjrouvi a ajouté que le gouvernement ne tolérera aucune manipulation susceptible de troubler l’ordre public.
Entre décembre 2025 et la fin du mois de février 2026, les services compétents ont enregistré 102 disparitions considérées comme inquiétantes sur l’ensemble du territoire national. Après vérifications, un seul cas a été classé comme enlèvement présumé par les enquêteurs chargés du dossier.
À ce jour, 86 personnes ont été retrouvées, soit 84,31 % des signalements effectués durant la période concernée. Parmi elles figurent 63 mineurs et 23 personnes majeures. Les recherches se poursuivent activement pour retrouver seize personnes dont la localisation reste inconnue malgré les investigations en cours.
Les enquêtes menées par les forces de sécurité mettent en évidence des causes récurrentes. Il s’agit principalement de conflits familiaux, de départs volontaires, de fugues liées au manque d’encadrement parental ou encore de situations marquées par une forte vulnérabilité sociale. Les autorités évoquent également l’influence des réseaux sociaux dans certains cas.
Le gouvernement affirme qu’aucune preuve ne permet, à ce stade, de confirmer l’existence d’un réseau criminel organisé opérant sur le territoire togolais. Les autorités appellent la population à la prudence face aux informations non vérifiées et invitent les citoyens à signaler tout cas suspect aux services compétents.
Dans le même temps, les pouvoirs publics annoncent un renforcement des actions de prévention. Les autorités locales, les leaders communautaires ainsi que les chefferies traditionnelles seront davantage impliqués afin de mieux encadrer les jeunes et de prévenir les situations à risque, notamment celles liées aux tensions familiales, à la recherche d’autonomie ou aux influences extérieures.
@Gapola



