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Délestages au Togo : silence des autorités, colère des populations face à l’obscurité prolongée

Rédigé par : Gapola

Au Togo, les coupures d’électricité se multiplient ces derniers jours et plongent de nombreuses localités dans une situation de plus en plus difficile. À Djagblé et Klobatémé notamment, les habitants vivent au rythme d’un courant électrique devenu imprévisible. Dans plusieurs quartiers, les délestages durent parfois des heures, voire plus de vingt-quatre heures, sans la moindre communication officielle ou calendrier de coupure. Pendant ce temps, les populations s’organisent comme elles peuvent, entre lampes rechargeables, groupes électrogènes coûteux et frustration grandissante.

Depuis plusieurs jours, dans ces localités situées dans la périphérie de Lomé, l’électricité disparaît régulièrement dès la tombée de la nuit. Mais la situation ne se limite plus aux délestages nocturnes. Les journées sont désormais également marquées par des interruptions soudaines qui perturbent les activités économiques, les tâches domestiques et la vie scolaire des enfants.

Dans les rues de Djagblé, les témoignages convergent. Kossi, artisan, raconte que ses machines s’arrêtent brutalement plusieurs fois par jour. Chaque interruption compromet la production et retarde les commandes. Dans un contexte économique déjà fragile, ces coupures représentent une perte directe de revenus pour de nombreux travailleurs indépendants.

Les ménages ne sont pas épargnés. Ama, mère de famille à Klobatémé, décrit un quotidien devenu éprouvant. Selon elle, les enfants peinent désormais à étudier le soir. Les lampes rechargeables, devenues indispensables, ne tiennent pas toute la nuit et les parents doivent souvent improviser pour permettre aux élèves de terminer leurs devoirs. Dans certains foyers, les devoirs se font à la lumière des téléphones portables.

Chez les commerçants, l’inquiétude est encore plus palpable. Les congélateurs et les réfrigérateurs s’arrêtent sans prévenir, entraînant des pertes de marchandises importantes. Produits congelés, boissons fraîches ou denrées périssables sont menacés à chaque nouvelle coupure. Plusieurs commerçants affirment avoir déjà perdu une partie de leurs stocks sans aucune perspective d’indemnisation.

Une crise énergétique sans explication officielle

Face à cette situation, un sentiment d’abandon s’installe progressivement au sein des populations. La Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), principale distributrice d’électricité dans le pays, reste pour l’instant silencieuse. Aucune communication claire n’a été faite pour expliquer l’origine de ces perturbations répétées.

Dans d’autres circonstances, des travaux de maintenance, des incidents techniques ou des difficultés d’approvisionnement peuvent justifier des interruptions ponctuelles. Mais la fréquence actuelle des coupures et leur durée inhabituelle interrogent de nombreux observateurs. Dans certains quartiers, l’électricité disparaît pendant de longues périodes avant de revenir brièvement puis de repartir aussitôt.

Cette absence d’explication nourrit les interrogations. S’agit-il d’un problème structurel du réseau électrique dans certaines zones en pleine expansion démographique ? D’une surcharge liée à la demande croissante en énergie ? Ou d’une difficulté plus large dans la gestion de la production et de la distribution d’électricité au niveau national ?

Pour l’instant, les populations n’ont aucune réponse officielle. Ce silence des autorités et de la CEET est de plus en plus mal perçu par les habitants, qui estiment avoir droit à une information transparente sur la situation.

Le silence des organisations de défense des consommateurs

Au-delà des autorités publiques et de la CEET, d’autres acteurs sont également pointés du doigt. Plusieurs citoyens s’étonnent du silence des organisations de défense des droits des consommateurs, habituellement promptes à réagir sur les questions liées aux services publics.

Dans une situation où les coupures dépassent parfois vingt-quatre heures, les conséquences sur la vie quotidienne sont pourtant considérables. L’insécurité augmente dans les quartiers plongés dans l’obscurité totale, notamment pour les femmes et les enfants qui doivent se déplacer la nuit. Les activités économiques ralentissent, les petits commerces subissent des pertes et les ménages doivent faire face à des dépenses supplémentaires pour se procurer des solutions alternatives d’éclairage ou d’énergie.

Les centres de recharge pour téléphones deviennent bondés, les groupes électrogènes tournent dans certains quartiers et les lampes solaires se multiplient. Mais ces solutions restent coûteuses et inaccessibles pour une grande partie de la population.

Au fil des jours, la frustration grandit. Les habitants de Djagblé, de Klobatémé et d’autres localités touchées ne réclament pas un traitement de faveur. Ils demandent simplement un service public fiable et surtout des explications claires sur les difficultés actuelles.

Dans un pays où l’électricité constitue un levier essentiel pour l’éducation, le commerce et la sécurité des populations, l’absence de communication alimente les inquiétudes. Pour beaucoup, chaque ampoule qui s’éteint symbolise non seulement une panne technique, mais aussi l’incertitude d’un quotidien devenu imprévisible.

Plus que jamais, les regards sont tournés vers la CEET et les autorités, dans l’espoir que la lumière revienne durablement et que les Togolais obtiennent enfin des réponses à leurs préoccupations.

@Gapola

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