Dans le plan stratégique 2023-2027 du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), un séminaire national de sensibilisation des leaders religieux du Togo sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) a été ouvert mardi 28 octobre 2025, à Lomé. Il vise à renforcer la compréhension des participants sur la LBC/FT, encourager la coopération avec les autorités pour détecter la radicalisation, développer un discours religieux prônant la paix et la cohésion sociale, et soutenir la mobilisation des institutions religieuses pour la cohésion nationale.
Face à la recrudescence de la cybercriminalité, du trafic de drogues et d’êtres humains, de la corruption, ainsi qu’au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme (BC/FT), la paix, la stabilité et le développement durable des États membres de la CEDEAO est fortement menacée.
En réunissant du 28 au 29 octobre 2025, les acteurs communautaires et religieux à Lomé, le GIABA compte les impliquer dans la lutte contre le crime organisé et l’extrémisme violent pour une Afrique de l’Ouest pacifique, résiliente et prospère.
Ainsi, à travers des exposés, des études de cas et des ateliers interactifs, les participants seront invités à : comprendre les mécanismes et enjeux du BC/FT ; identifier des stratégies de prévention et de sensibilisation adaptées à leurs communautés ; promouvoir le dialogue interreligieux et la tolérance ; et contribuer activement à la lutte contre les crimes financiers et économiques.
Relativement épargné par les attaques de grande ampleur, le Togo fait face à une menace croissante de l’extrémisme violent le long de sa frontière nord avec le Burkina-Faso.
Depuis 2021, plusieurs incidents sécuritaires ont été signalés dans la région des Savanes, incitant les autorités à renforcer prévention, surveillance et sensibilisation communautaire.
Selon Koudjoou Esso, représentant du ministre de l’Administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme n’est pas uniquement l’apanage des forces de défense et de sécurité, des autorités d’enquête et de poursuite, des assujettis du système financier et des tribunaux, mais aussi des organisations religieuses.
« En tant que gardien de l’intégrité, vous devez refuser l’instrumentalisation par l’idéologie et par l’argent, pour servir d’outil de protection de vos communautés par le discernement spirituel. Sensibiliser et éduquer les communautés sont vos missions naturelles car vos paroles sont puissantes, elles protègent les consciences contre les dérives et vos enseignements rappellent que la source de l’argent compte autant que son usage, qu’un don qui détruit la paix n’est plus une offrande mais une arme. Vos communautés, vos lieux de prière et de culte doivent demeurer des havres de paix et non des passerelles pour des flux financiers illicites », a-t-il déclaré.
Pour Timothy Melaye, représentant du directeur général du GIABA, les sessions consacrées au rôle du GIABA permettent de renforcer les capacités et de définir ensemble des stratégies concrètes pour agir efficacement, tant au niveau communautaire que national contre ce fléau.
« Grâce à ces initiatives, les dispositifs de prévention et de surveillance ont été renforcés, et la coopération avec les leaders religieux a permis de sensibiliser efficacement les communautés aux risques de radicalisation et d’activités financières illicites. Ces actions démontrent que l’alliance entre autorités publiques et acteurs religieux constitue un levier stratégique pour promouvoir la sécurité, la cohésion sociale et la résilience de nos communautés face aux menaces actuelles », a-t-il expliqué avant d’ajouter : « Par ses activités de collecte et d’analyse des informations financières, ainsi que par sa coopération étroite avec les autorités nationales et régionales, la CENTIF contribue activement à la prévention et à la détection des flux financiers illicites. Son engagement à sensibiliser les acteurs économiques, les institutions financières et les communautés religieuses illustre parfaitement l’importance de la mobilisation collective pour protéger le Togo et ses citoyens contre les risques liés au BC/FT ».
Considérant que ce séminaire placé sous le thème : « Le rôle des chefs religieux dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », va permettre de consolider le partenariat de confiance entre les institutions publiques et les communautés religieuses, El-Hadj Tchaa Bignossi Aquitème, président de la CENTIF-Togo a appelé les participants à renforcer la vigilance collective face aux menaces de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme, d’extrémisme violent et de radicalisation au Togo.
À l’issue du séminaire, une feuille de route nationale sera adoptée pour renforcer la mobilisation sociale, la sensibilisation communautaire et le plaidoyer contre les activités criminelles et l’intolérance religieuse
@Gapola







