Le couperet est tombé jeudi 22 octobre 2026. À travers une série de nominations en conseil des ministres, le président du Conseil Faure Gnassingbé a procédé à un vaste remaniement des préfets. Si les arrivées du Colonel Djossou Agossa Essevi (Avé), du Colonel (R) Akagna Kodjo (Bas-Mono) ou encore de Lare Bintiene Djimbondjo (Wawa) marquent ce décret, c’est surtout le départ tant attendu du préfet de l’Avé, Awu Kossi, qui retient l’attention.
“Tout ça pour ça ?” : la fin d’un règne
Pendant des années, les populations de l’Avé ont vécu sous le joug d’un administrateur perçu comme indéboulonnable. Awu Kossi, c’est l’histoire d’un préfet qui semblait avoir érigé la préfecture en fief personnel. Comme le dénoncent de nombreuses voix dans la région : “On dirait que la préfecture d’Avé appartenait à son papa. Les gens pensent qu’ils ne vont jamais quitter leur poste administratif”.
Cette nomination sonne comme une délivrance pour des citoyens qui ont longtemps dénoncé des méthodes brutales. Awu Kossi n’était pas seulement un gestionnaire contesté ; il restera dans les mémoires comme le préfet qui n’hésitait pas à retrousser ses manches pour des combats de boxe avec ses administrés. Une époque où la force physique semblait remplacer le dialogue administratif, notamment lors des conflits liés à la spoliation des terres.
L’ombre de la HAPLUCIA et le scandale financier
Mais ce qui rend ce limogeage encore plus savoureux pour ses détracteurs, c’est le lourd passif judiciaire qui entache son bilan. La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption (HAPLUCIA) l’avait épinglé pour détournement de fonds publics.
Une affaire qui a longtemps fait grincer des dents. Au lieu de répondre de ses actes devant la justice pénale, l’ancien préfet a été contraint à un simple remboursement. “Comme si le détournement était une affaire purement civile !” s’insurgent les observateurs.
Une délivrance pour la population
L’image de l’Avé a été profondément ternie par la gestion d’Awu Kossi, au point de devenir, selon ses habitants, “la dernière des préfectures du Togo”. Le départ de cet homme, qui a “martyrisé ses sœurs et frères”, marque un tournant.
Comme le dit l’adage populaire : “Chaque chose a une fin. Seul Dieu est éternel”.
En nommant le Colonel Djossou Agossa Essevi à la tête de l’Avé, l’exécutif semble vouloir tourner la page. Reste à savoir si le nouveau locataire saura restaurer la confiance et le dialogue, là où son prédécesseur a laissé des cicatrices profondes.
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