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Togo : la SAFER renforce la lutte contre la surcharge des poids lourds pour préserver les routes

Rédigé par : Gapola

Face aux risques de dégradation prématurée des infrastructures routières, le Togo mise sur le contrôle de la charge à l’essieu pour protéger ses investissements. À Djéréhouyé et à Tsévié, deux postes de pesage sont opérationnels, tandis qu’un troisième est en construction à Mango. La SAFER appelle les transporteurs au respect strict du Règlement 14 de l’UEMOA.

Le réseau routier togolais connaît une évolution notable ces dernières années, avec plusieurs chantiers de réhabilitation, de reconstruction et de désenclavement engagés à travers le pays. Toutefois, la préservation de ces infrastructures demeure un défi majeur pour les pouvoirs publics, confrontés à des besoins importants en matière d’entretien routier. Parmi les mesures mises en œuvre pour protéger ces investissements figure le contrôle de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises.

Le dispositif repose actuellement sur deux postes de contrôle opérationnels. Le premier est installé à Djéréhouyé, sur la route nationale n°1 (RN1), à la sortie nord d’Atakpamé. Le second est situé à la sortie nord de Tsévié, sur le même axe, à environ 45 kilomètres du Port autonome de Lomé, d’où partent de nombreux camions chargés de marchandises. Un troisième poste de pesage est en cours de construction à Mango, dans la région des Savanes, à proximité du poste de péage.

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Des infrastructures à protéger contre les surcharges

L’importance du contrôle de la charge à l’essieu se justifie notamment par l’ampleur des investissements consentis dans le secteur routier. Plusieurs axes font actuellement l’objet de travaux de grande envergure, notamment sur la RN1 entre Aouda et Sokodé, avec le contournement de la ville de Sokodé, ainsi que sur les tronçons Sokodé–Tchamba–Kaboli–frontière du Bénin, Sokodé–Bassar et Sokodé–Bafilo–Kara.

À ces chantiers s’ajoutent les pistes de désenclavement réalisées dans les cinq régions économiques du pays et les travaux de reconstruction de grands ponts, notamment sur les rivières Anié, Kara et Kéran.

Dans ce contexte, le respect des normes de chargement des poids lourds apparaît comme une condition essentielle pour prolonger la durée de vie des infrastructures. Les véhicules en surcharge exercent en effet des contraintes supplémentaires sur les chaussées et les ouvrages d’art, accélérant leur détérioration et augmentant les besoins de réparation.

À Djéréhouyé, un contrôle rigoureux des poids lourds

Chargée de la gestion du contrôle de la charge à l’essieu, la Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER) veille à l’application des règles en vigueur sur les principaux axes de circulation. Lors d’une visite du poste de Djéréhouyé organisée à l’intention des médias, les responsables ont présenté les différentes étapes du contrôle des véhicules lourds empruntant le corridor Lomé–Cinkassé.

À l’approche du poste, des panneaux signalent aux conducteurs l’obligation de se soumettre au pesage. Des éléments de la Division de la sécurité routière contribuent également au maintien de l’ordre et à la discipline sur le site.

Selon les explications du chef du poste de contrôle de Djéréhouyé, le conducteur doit immobiliser son camion à une quinzaine de mètres du pont-bascule et présenter la carte grise ainsi que le permis de conduire à l’opérateur. Des questions lui sont ensuite posées sur le chargement et la destination du véhicule.

Le camion est alors dirigé sur le pont-bascule, où les données sont enregistrées et analysées automatiquement. Le système permet de déterminer le poids total autorisé en charge (PTAC) et de vérifier la répartition du chargement sur les différents essieux. Lorsque les normes sont respectées, une fiche de pesée est délivrée au transporteur, qui peut poursuivre son trajet.

En cas de surcharge, des mesures correctives sont imposées. Le responsable du poste explique qu’une tolérance correspondant à une portion de 3,99 tonnes est prévue dans le dispositif évoqué. Au-delà de quatre tonnes de surcharge, le transporteur doit procéder au délestage et faire appel à un autre camion pour prendre en charge l’excédent. Une nouvelle vérification est ensuite effectuée avant la délivrance de l’autorisation de sortie.

Les délais peuvent varier selon la nature du transport. Pour les marchandises destinées à la consommation locale, le camion peut reprendre la route après le délestage et les vérifications nécessaires. En revanche, pour les véhicules en transit, l’opération peut prendre jusqu’à deux semaines, notamment lorsqu’il faut regrouper plusieurs camions avant de les escorter vers la frontière.

Le chef du poste précise également que les amendes appliquées sont de 20 000 francs CFA par tonne de surcharge pour le transport national et de 60 000 francs CFA pour le transport international.

Le Règlement 14 de l’UEMOA comme référence

Le contrôle de la charge à l’essieu s’inscrit dans le cadre du Règlement n° 14/2005/CM/UEMOA, adopté le 16 décembre 2005 à Bamako, au Mali. Ce texte vise à harmoniser, dans les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), les normes et les procédures de contrôle du gabarit, du poids et de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises.

Selon ce règlement, tout exploitant dont le véhicule ne respecte pas les normes de chargement doit se mettre en conformité avant sa remise en circulation. Le paiement d’une amende ne le dispense donc pas de l’obligation de décharger l’excédent de marchandises ou de réaménager le chargement afin de respecter les limites autorisées.

Les frais de déchargement, d’entreposage, de gardiennage et de rechargement sont à la charge exclusive de l’exploitant du véhicule. Les opérations sont assurées par l’opérateur du poste de contrôle, sous sa responsabilité, conformément au barème de prix applicable.

Les sanctions prévues par le dispositif visent ainsi à dissuader les transporteurs de circuler avec des véhicules en surcharge et à garantir le respect des normes communes dans l’espace communautaire.

La SAFER appelle à la responsabilité des transporteurs

Contrairement à une idée parfois répandue, les postes de contrôle de la charge à l’essieu ne constituent pas des sources de recettes pour la SAFER. Ils sont avant tout des instruments d’application du Règlement 14 de l’UEMOA et de protection du patrimoine routier.

La SAFER mobilise les ressources nécessaires au financement de l’entretien du réseau routier national grâce notamment aux recettes des postes de péage, aux droits d’accise sur les produits pétroliers et à une partie de la taxe sur les véhicules à moteur reversée par l’Office togolais des recettes (OTR).

L’institution encourage régulièrement les médias à visiter les postes de pesage afin de mieux comprendre leur fonctionnement et de sensibiliser les usagers aux conséquences de la surcharge. La faitière des chargeurs du Togo contribue également aux efforts engagés pour lutter contre ce phénomène.

À l’issue de la visite du poste de Djéréhouyé, la direction de la SAFER a lancé un appel aux transporteurs nationaux et internationaux afin qu’ils respectent les dispositions réglementaires en vigueur.

Au-delà des sanctions financières, l’enjeu est de préserver les routes, de limiter les dépenses liées aux réparations répétées et de renforcer la sécurité des usagers. Les surcharges peuvent accélérer la détérioration des chaussées et des ouvrages d’art, tout en augmentant les risques d’accidents graves.

Alors que le Togo poursuit ses investissements dans les infrastructures routières, la responsabilité des transporteurs demeure déterminante. La route constitue un patrimoine collectif dont la préservation exige le respect des règles par tous les acteurs du transport. Pour les autorités et la SAFER, le respect de la charge réglementaire à l’essieu représente ainsi un levier essentiel pour assurer la durabilité des infrastructures et protéger les vies humaines.

@Gapola

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