À l’ère du numérique, où rumeurs et contenus trompeurs sont légions sur les réseaux sociaux, le renforcement des capacités des professionnels des médias apparaît comme une priorité pour servir la vraie information. Du 16 au 18 mars 2026, le Centre de Formation et de Recyclage en Communication (CFRC) a formé à Lomé, les journalistes des médias publics et privés du Togo, sur : « Le traitement de l’information et le fact-checking sur les réseaux sociaux en période sensible ».
Ouverte par Carole Kpéto, directrice du CFRC, la formation a bénéficié du soutien du gouvernement togolais, engagé dans le renforcement des capacités des professionnels des médias.
« Le rôle du journaliste consiste à faire preuve de rigueur et de discernement afin de vérifier l’exactitude des informations et de protéger le public contre les rumeurs et contenus trompeurs », a-t-elle souligné
Animée par Noël Tadegnon, formateur et expert en fact-checking, cette formation, à la fois intense et enrichissante, a permis aux participants d’approfondir leurs connaissances sur les enjeux du risque informationnel. Les modules ont notamment porté sur le rôle du journaliste en période sensible, les mécanismes de diffusion des rumeurs et les techniques d’identification des sources fiables.
Les participants ont également été initiés à divers outils numériques de vérification, notamment la recherche inversée, l’analyse de vidéos et d’images ainsi que des techniques simples de géolocalisation, leur permettant d’authentifier les contenus circulant en ligne.
Ils étaient invités à une approche pédagogique basée sur la pratique d’exercices réguliers avec les outils de checking destinés à consolider leurs acquis. Cette méthode a conféré à la formation un caractère dynamique, interactif et particulièrement efficace.
« Nous avons eu trois jours d’intenses activités et le résultat est globalement positif. Les participants ont évolué progressivement, des notions générales à la maîtrise des outils techniques, jusqu’à la rédaction d’articles de fact-checking, alors que pour certains, c’était une première expérience », a déclaré M. Tadegnon.
Saluant unanimement l’initiative, les professionnels des médias ont jugé la formation essentielle dans un contexte marqué par les défis du numérique.
« Cette formation constitue une véritable opportunité de progression pour les journalistes, appelés à améliorer la qualité de leur travail et à partager leurs acquis afin de renforcer collectivement les pratiques de fact-checking », a affirmé Tibot Nabede, journaliste de Togo Presse.
Au-delà de la formation, le formateur a insisté sur la nécessité d’appliquer concrètement les connaissances acquises.
« J’attends de chaque participant la pratique des acquis de cette formation, produire des contenus vérifiés, analyser des images, des vidéos et contribuer à démonter les fausses informations », a-t-il exhorté.
Selon lui, la maîtrise du fast-checking constitue désormais un levier indispensable pour faire face aux défis liés à l’évolution du numérique et des réseaux sociaux.
Au-delà de la production journalistique, le fact-checking contribue également à l’éducation aux médias. Il permet d’expliquer au public les démarches de vérification de l’information et de renforcer son esprit critique.
« Le fact-checking est un style journalistique qui permet d’être transparent, d’expliquer la démarche utilisée et d’éclairer le public sur les sources exploitées », a-t-il précisé.
À travers cette initiative, le CFRC confirme son rôle central dans le renforcement des capacités des professionnels des médias, contribuant ainsi à l’émergence d’un journalisme plus responsable et à la consolidation de la confiance du public envers l’information.
Nicole MLAGA



