Le Gouvernement togolais, avec l’appui de l’UNICEF, renforce ses actions de prévention et de réponse contre la traite des enfants, un phénomène encore préoccupant dans la région des Plateaux. Dans la préfecture de l’Ogou, le sourire renaît sur le visage d’Agnès, grâce aux actions des agents du ministère de la Protection de l’enfant avec l’appui du Fonds d’affectation spéciale pluri-partenaire pour la migration (MPTF) à travers l’UNICEF.
De l’exploitation à l’espoir : le parcours d’Agnès
« Au village, je n’avais aucune activité et je vivais dans une grande précarité. Mon oncle m’a proposé d’aller à Lomé pour faire du travail domestique », raconte-t-elle. Mais une fois arrivée dans la capitale, la réalité est tout autre.
« Je me levais à 4 heures du matin pour les travaux ménagers. La journée, je vendais des chaussures, puis je rentrais préparer le repas du soir. Je me couchais à 23 heures, souvent sans avoir mangé. Pendant un an, je n’ai jamais été payée ».
Épuisée physiquement et moralement, Agnès décide finalement de retourner dans son village d’Ountivoun, dans la préfecture de l’Ogou, où elle est identifiée et prise en charge grâce aux mécanismes de protection existants.
À son retour, Agnès bénéficie de l’appui du Fonds d’affectation spéciale pluri-partenaire pour la migration (MPTF), un programme coordonné par l’UNICEF pour lutter contre la traite des enfants et leur exploitation dans le travail domestique. Elle est placée dans une famille d’accueil à Kparé, où la maîtresse de maison, coiffeuse de métier, assure sa formation.
« Aujourd’hui, j’apprends la coiffure et les tresses. Je me sens soutenue et j’ai retrouvé confiance en moi », confie la jeune fille, qui bénéficie également d’un accompagnement psychosocial et d’un encadrement professionnel.
Au-delà de ce cas individuel, la traite des enfants demeure une réalité préoccupante dans plusieurs localités de la région des Plateaux.
Selon Pierre Paniza, chef de la Division de la protection de l’enfant dans la région des Plateaux, les départs d’enfants en situation de vulnérabilité vers d’autres régions du pays ou vers l’étranger sont quasi quotidiens.
« Portés par l’espoir d’un mieux-être économique, ces déplacements aboutissent rarement aux résultats attendus. Près de 90 % des enfants revenus n’ont rapporté aucun revenu, et beaucoup reviennent dans un état de santé fragile », explique-t-il.

Prévenir, sensibiliser et agir au cœur des communautés
Face à cette situation, des activités de Compétences de Vie Courante (CVC) sont mises en œuvre dans plusieurs communautés, notamment à Ountivoun. Elles portent sur la sensibilisation communautaire, la parentalité positive et l’accompagnement des enfants affectés par la traite, afin de réduire les facteurs de risque à la source.
Ces efforts conjugués commencent à produire des résultats encourageants. Pour Nanou Idrissa, directeur préfectoral des Solidarités, du genre, de la famille et de la protection de l’enfance, le programme MPTF a permis la réinsertion de 40 enfants en situation de vulnérabilité, dont 26 filles.
La famille d’accueil d’Agnès et sa formatrice saluent son sérieux et son engagement, tout en appelant à un renforcement de l’appui afin de garantir la réussite complète de son parcours d’apprentissage.
Conscientes des progrès réalisés, les autorités nationales et leurs partenaires rappellent que la lutte contre la traite des enfants reste un défi majeur. Le renforcement des actions de prévention, de suivi et de réinsertion demeure essentiel pour assurer durablement la protection, la dignité et l’avenir des enfants affectés par la traite dans la région des Plateaux.
Nicole MLAGA




