Quarante ans de carrière à Radio France Internationale (RFI) confèrent un regard aiguisé sur les relations franco-africaines. Christophe Boisbouvier, auteur de l’ouvrage « La Françafrique est morte, vive l’Afrique-France » (Ed. Buchet-Chastel), était l’invité international de RFI ce mardi 13 octobre 2026. L’occasion pour le journaliste de dresser un constat sans appel : la France a perdu son influence hégémonique sur le continent.
« La France ne peut plus être dans une position dominante en Afrique », a-t-il affirmé d’emblée, résumant une réalité géopolitique que Paris a longtemps refusé de voir. Selon lui, les erreurs d’appréciation se sont accumulées : « Trop arrogante, trop sûre d’elle, la France n’a pas vu venir la vague anti-française ».
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Une rupture générationnelle et politique
Le spécialiste des questions africaines pointe une déconnexion croissante entre les dirigeants français et les réalités du terrain. Les jeunes générations africaines, plus connectées et plus critiques, rejettent désormais ouvertement une relation jugée paternaliste et déséquilibrée. Les récents coups d’État dans la région sahélienne et la montée en puissance d’influences étrangères concurrentes (Russie, Chine, Turquie) sont autant de symptômes de cette perte de vitesse.
Pour Christophe Boisbouvier, le titre de son livre n’est pas qu’une provocation : il acte la fin d’un système, la « Françafrique », pour dessiner les contours d’une nouvelle relation, celle de l’« Afrique-France ». Un renversement de perspective nécessaire où l’Afrique n’est plus la « chasse gardée » de Paris, mais un partenaire souverain.
Vers une relation d’égal à égal ?
Christophe Boisbouvier, journaliste à RFI plaide pour une refondation en profondeur. Il ne s’agit plus de dominer, mais de coopérer. La France, selon lui, doit accepter de n’être qu’un partenaire parmi d’autres, sur un pied d’égalité. « La Françafrique est morte, vive l’Afrique-France », résume-t-il, invitant Paris à un aggiornamento urgent pour sauver ce qui peut encore l’être dans sa relation avec le continent.
Alors que les tensions diplomatiques se multiplient et que l’image de la France se dégrade dans les opinions publiques africaines, l’analyse de Christophe Boisbouvier sonne comme un avertissement : sans une remise en cause profonde de ses méthodes, Paris risque de voir son influence s’effacer durablement au profit de puissances moins regardantes sur la souveraineté des États africains.
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