La 9ᵉ édition du Festival International du Film du Togo (FIFTO 2026) s’est achevée samedi 18 avril 2026 au CETEF Togo 2000 à Lomé, en réaffirmant le rôle du cinéma africain comme miroir des sociétés et levier de transformation sociale.
Durant cinq jours, la capitale togolaise a vibré au rythme du septième art africain. Organisée sous le thème : « Raconter nos réalités: cinéma africain en langues locales et récits du quotidien », des projections, compétitions, rencontres professionnelles et distinctions ont jalonné cette édition, offrant au public une immersion dans un univers cinématographique riche et engagé. Les œuvres présentées ont abordé des thématiques variées et actuelles, notamment la pollution de l’eau, les enjeux liés à l’électricité, ainsi que les réalités sociales et environnementales du continent africain.
La clap de fin du FIFTO 2026 s’est tenu en présence du ministre du Tourisme, de la culture et des arts, Isaac Tchiapke, du secrétaire général du ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme de la République du Sénégal, de l’ambassadrice de la République Populaire de Chine au Togo, Wang Min, du délégué général du FIFTO, Essohaman Awesso, des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, ainsi que l’artiste Kya Loum du Sénégal, dont la prestation a magnifiquement exprimé son attachement à l’Afrique, en particulier au Sénégal et au Togo, ainsi que la chorale Chœur Mayer du Togo, qui ont fait vibrer l’événement dans une ambiance conviviale.
Dans son allocution, le ministre Issac Tchiapke a privilégié une métaphore cinématographique en qualifiant ce moment de « clap de séquence », plutôt que de fin. Pour lui, cette expression traduit la continuité de l’engagement collectif en faveur du développement du cinéma africain. Il a souligné l’importance de la culture et du cinéma dans la construction des identités, rappelant que ces derniers ont profondément marqué son parcours personnel.
« Raconter nos réalités dans nos langues locales, c’est affirmer notre identité, préserver notre mémoire et transmettre notre héritage aux générations futures », a-t-il déclaré.
Il a également salué la qualité des œuvres présentées, qui, selon lui, traduisent une volonté croissante de produire des récits authentiques, enracinés dans les réalités africaines.
Le délégué général du FIFTO, Essohaman Awesso, s’est pour sa part réjoui du succès de cette édition, mettant en avant la mobilisation des acteurs du secteur et la progression constante du festival. Il a salué la qualité des œuvres présentées ainsi que l’engagement des professionnels à faire émerger un cinéma africain authentique et compétitif.
La cérémonie de clôture a également été marquée par la remise de distinctions. Dans la catégorie internationale, le Grand Prix du meilleur long métrage documentaire a été décerné à une œuvre engagée, saluée pour sa pertinence.
« Voir son film sélectionné est déjà un honneur, mais repartir avec le grand prix est une immense joie », a déclaré le réalisateur, Yousouf Kousse.
De son côté, Koffi Nikoé, gagnant du prix du meilleur film long métrage togolais, a insisté notamment sur l’importance de la création indépendante, invitant les jeunes cinéastes à produire avec les moyens disponibles et à raconter des histoires ancrées dans les réalités africaines, sans attendre systématiquement des financements extérieurs.
Cette 9ᵉ édition du FIFTO confirme sa montée en puissance en tant que plateforme de promotion du cinéma africain. Entre engagement artistique, valorisation des langues locales et ouverture à l’international, le festival s’impose comme un rendez-vous incontournable pour un cinéma africain en quête d’affirmation, d’authenticité et de rayonnement.
Nicole MLAGA






