Et si l’avenir du Togo se construisait d’abord dans ses communes et ses régions ? Après avoir engagé sa décentralisation et mis en place plusieurs mécanismes d’appui aux collectivités, le gouvernement lance Gnozou, un projet de près de 5 milliards de francs CFA destiné aux régions de la Kara et des Savanes.
L’initiative mise sur la gouvernance locale, l’emploi et la valorisation des ressources des territoires pour améliorer durablement le quotidien des populations. Le développement ne se décrète plus depuis le sommet. Il se construit au plus près des populations, dans les communes et les régions, à partir des réalités locales.
C’est tout le sens du projet « Développement territorial intégré et bonne gouvernance au Togo », résumé sous l’acronyme Gnozou, officiellement lancé à Kara en juin 2026. Il est porté par le gouvernement avec l’appui de la Coopération allemande à travers la GIZ et financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ). Il sera mis en œuvre sur quatre ans.
L’ambition est de renforcer les capacités des acteurs locaux afin qu’ils puissent exploiter durablement les atouts sociaux et économiques de leurs territoires et améliorer les conditions de vie des populations.
Transformer les acquis de la décentralisation en résultats concrets
Au Togo, la décentralisation est entrée dans une phase nouvelle. Après l’installation des 117 communes et des conseils régionaux, l’enjeu est désormais de faire émerger des territoires capables de porter leur propre développement.
C’est précisément le rôle que se donne Gnozou, ce projet qui accompagnera les collectivités dans la gestion des compétences transférées, la planification du développement local, la promotion de l’emploi et du développement économique, mais aussi dans le renforcement de la gouvernance financière, de la transparence et de la participation citoyenne.
Il s’inscrit dans la mise en œuvre de la Politique nationale de décentralisation 2025-2034, dont la vision est de bâtir une gouvernance locale participative, inclusive et performante, capable d’offrir des services de qualité aux citoyens. Au-delà des structures administratives, l’objectif est de créer des territoires plus attractifs, plus résilients et davantage créateurs d’opportunités.
Ces mécanismes déjà à l’œuvre
Parmi eux figure le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT), créé en 2020. Véritable levier du développement local, ce mécanisme permet de financer les investissements des communes et des régions à travers des dotations destinées aussi bien au fonctionnement qu’aux infrastructures.
L’enveloppe du FACT est passée de 2,6 milliards de francs CFA en 2020 à 9,5 milliards en 2025. En cinq ans, près de 41,8 milliards ont été transférés aux collectivités territoriales.
Grâce à ces ressources, de nombreuses infrastructures ont vu le jour à travers le pays : salles de classe, forages, hangars de marché, bureaux d’état civil, latrines publiques, extensions du réseau électrique ou encore équipements pour les jardins d’enfants.
Le FACT couvre aujourd’hui l’ensemble des 117 communes du Togo ainsi que les cinq régions, consacrant ainsi le rôle grandissant des collectivités dans la conduite du développement.
Cette dynamique est également soutenue par le Programme d’appui au financement des communes (PAFC), lancé en 2025 avec le soutien de la Coopération allemande.
Doté de 20 millions d’euros, soit environ 13 milliards de francs CFA pour sa première phase, le programme concerne les communes des régions des Plateaux, de la Centrale et de la Kara.
Une seconde phase, évaluée à 12 millions d’euros supplémentaires, doit permettre d’étendre l’appui à l’ensemble des 117 communes du pays.
Le PAFC a pour objectif de financer des projets à fort impact socioéconomique et de consolider le FACT afin d’accompagner sa montée en puissance.
Avec Gnozou, le Togo choisit de poursuivre cette trajectoire en misant sur la proximité, la participation et l’innovation locale. Un pari ambitieux qui pourrait faire des communes et des régions les véritables laboratoires du développement de demain.






