Protéger les enfants est une responsabilité collective. Cette exigence s’impose d’autant plus que la traite des enfants demeure un fléau persistant, touchant aussi bien les milieux urbains que ruraux au Togo.
Ayant plusieurs portes d’entrée ou facteurs de risques notamment le travail domestique chez les filles, le métayage chez les garçons, le décrochage scolaire, l’errance en milieu urbain, la traite des enfants est une réalité au Togo et est punie par la législation nationale. Souvent invisibles ou dissimulées, ces situations compromettent gravement la sécurité, le bien-être et le développement harmonieux et même la vie des enfants.
Selon Pierre Paniza, Chef Division protection de l’enfant dans la région des Plateaux, le mal est profond mais les sensibilisations contre le phénomène donnent des résultats positifs.
« Tout récemment, un cas d’exploitation domestique a été recensé. Il s’agit d’une fillette de 12 ans, envoyée à Atakpamé chez un homme pour des travaux ménagers. Heureusement, celui-ci a refusé de la prendre comme domestique et a plutôt choisi de l’accueillir, de l’encadrer et de lui garantir un accès à la scolarité », a-t-il témoigné.
Un centre pour accueillir les enfants victimes de la traite
Pour une lutte efficace contre la traite des enfants dans la région des Plateaux, le ministère en charge des Solidarités et de la protection de l’enfance accueille à Atakpamé, grâce au Fonds d’affectation spéciale pluri-partenaire pour la migration (MPTF), un centre d’écoute des enfants victimes de traite en leur offrant un accompagnement global, comprenant un suivi psychosocial et psychologique et la réinsertion sociale.
En collaboration avec l’UNICEF, le gouvernement intensifie la lutte contre la traite des enfants en assurant la réintégration familiale et la réinsertion socioprofessionnelle ou économique aux enfants victimes et à risque pour leur autonomisation et leur intégration durable. Cette action constitue un moyen de prévention de la récidive ou de la rechute.
Parallèlement à ces appuis, les parents et les communautés sont activement impliqués dans la lutte à travers des causeries éducatives en termes de parentalité positive et des séances de sensibilisation visant à prévenir de nouveaux cas de traite et de migration irrégulière des enfants.
Les responsables du centre d’écoute d’Atakpamé appellent à un renforcement des soutiens, rappelant avec conviction que « investir dans un enfant, c’est préparer et bâtir l’avenir ».
En effet, la lutte contre la traite des enfants nécessite une mobilisation collective et durable, articulant prévention, prise en charge, gouvernance locale et investissement à long terme, afin de garantir à chaque enfant un environnement sûr et un avenir digne.
Nicole MLAGA




