Accueil » Prix du carburant au Togo : Koffi Sodokin alerte sur le coût des subventions sans le chiffré

Prix du carburant au Togo : Koffi Sodokin alerte sur le coût des subventions sans le chiffré

Rédigé par : Gapola

La hausse des prix des produits pétroliers continue de susciter des réactions au Togo. Pour l’économiste Koffi Sodokin, le maintien artificiel des prix à la pompe n’est toutefois pas sans conséquence pour les finances publiques. Il estime que l’État ne peut durablement supporter le coût des subventions au détriment d’autres priorités nationales.

Depuis le 11 septembre 2026, les automobilistes et usagers des deux-roues doivent composer avec une nouvelle grille tarifaire des produits pétroliers. Le litre de super sans plomb est passé de 725 à 817 francs CFA, tandis que le gasoil est désormais vendu à 766 francs CFA, contre 750 francs auparavant. Le pétrole lampant est affiché à 695 francs CFA et le mélange 2-temps, très utilisé par les motocyclistes, à 896 francs CFA, contre 811 francs CFA précédemment.

Cette révision à la hausse continue d’alimenter les préoccupations des consommateurs, confrontés à ses répercussions sur le transport et, plus largement, sur le coût de la vie.

C’est dans ce contexte que Dr Koffi Sodokin, économiste à l’Université de Lomé, a apporté un éclairage sur la question lors de la conférence inaugurale des Journées scientifiques et d’innovation de l’Université de Lomé.

Le vrai coût d’un carburant subventionné

Pour l’économiste, le débat ne devrait pas se limiter au prix affiché à la pompe. Il faut également prendre en compte le coût réel que représente pour l’État le maintien d’un prix artificiellement bas.

Son raisonnement est simple : lorsqu’un produit est vendu en dessous de son coût réel, la différence doit nécessairement être prise en charge par quelqu’un. Dans le cas du carburant, lorsque l’État intervient pour maintenir les prix à un niveau inférieur à celui dicté par les conditions économiques, cette charge repose sur les finances publiques.

Une telle politique peut certes permettre de protéger temporairement les consommateurs contre une flambée des prix. Mais elle entraîne parallèlement une mobilisation de ressources publiques qui pourraient être affectées à d’autres secteurs prioritaires.

« On ne peut pas tout subventionner »

C’est précisément sur cet arbitrage que Koffi Sodokin entend attirer l’attention. Pour lui, les ressources de l’État étant limitées, chaque dépense doit être appréciée au regard des autres besoins de la collectivité.

Les sommes consacrées au soutien des prix du carburant ne peuvent, en effet, être utilisées simultanément pour financer les infrastructures, la santé, l’éducation, la sécurité, les investissements publics ou encore les programmes sociaux.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien coûte aujourd’hui un litre d’essence au consommateur, mais aussi de déterminer combien coûte à la collectivité le maintien de ce litre à un prix inférieur à son coût réel.

Une hausse aux conséquences sociales bien réelles

L’économiste ne minimise pas pour autant les effets de la hausse des prix à la pompe. Une augmentation du coût des produits pétroliers peut se répercuter sur les tarifs du transport, les coûts de production et, par effet domino, sur les prix de nombreux biens et services.

Pour les ménages, cette situation peut ainsi accentuer la pression sur le pouvoir d’achat. Pour les entreprises, notamment celles fortement dépendantes du transport et de l’énergie, elle peut également entraîner une augmentation des charges d’exploitation.

Mais, selon Koffi Sodokin, cette réalité ne doit pas faire oublier l’autre versant du problème : le coût budgétaire des subventions.

Un choix difficile pour les pouvoirs publics

Le débat oppose ainsi deux impératifs : protéger le pouvoir d’achat des consommateurs à court terme et préserver les équilibres des finances publiques sur la durée.

Maintenir des prix artificiellement bas peut offrir un soulagement immédiat aux populations, mais au prix d’une pression accrue sur le budget de l’État. À l’inverse, laisser davantage les prix refléter les contraintes économiques peut préserver les ressources publiques, tout en faisant peser une charge supplémentaire sur les ménages et les acteurs économiques.

Pour Koffi Sodokin, député à l’Assemblée nationale, il s’agit donc avant tout d’un arbitrage collectif. Derrière chaque litre de carburant subventionné se trouve une dépense publique et, derrière cette dépense, un choix sur les priorités nationales.

La question des prix du carburant dépasse ainsi largement le simple montant inscrit sur le tableau d’une station-service : elle renvoie directement aux capacités financières de l’État et aux choix économiques auxquels le pays est confronté.

@Gapola

E-Mail: thierryaffanoukoe@gmail.com

Tél : (00228) 92 42 51 78/71 76 79 53. Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Gapola.

A lire aussi...

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. AcceptER Lire Plus....

Politique de confidentialité et de cookies