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Togo : Aamron, ” l’agneau sacrificiel ” a peur pour sa sécurité 

Rédigé par : Gapola

L’artiste togolais Aamron, connu pour ses prises de position contre la gouvernance de Faure Gnassingbé, est réapparu à travers un message publié sur Facebook. Après des jours  de silence consécutifs à son arrestation et à son internement psychiatrique, le chanteur affirme désormais craindre pour sa sécurité.

Après plusieurs jours d’absence médiatique, Aamron a surpris ses soutiens en publiant un message personnel sur sa page Facebook. L’artiste, devenu au fil du temps l’un des visages les plus audibles de la contestation populaire, prend de moins en moins  la parole publiquement depuis sa libération.

Son silence avait nourri de nombreuses interrogations, tant au sein de l’opinion que parmi ses sympathisants. En s’exprimant à nouveau, le chanteur choisit des mots lourds de sens, rappelant l’engagement qu’il avait affiché au plus fort de ses critiques contre le pouvoir en place.

« Je me suis mis en danger pour espérer voir les choses bouger », a exprimé l’auteur de « Tout baigne » sur son compte Facebook.

Cette réapparition sur les réseaux sociaux marque moins un retour artistique qu’un signal politique. Elle montre surtout qu’après les épreuves traversées, Aamron reste attentif à l’évolution de la situation nationale.

De la contestation à l’épreuve de la répression

L’année dernière, Amron s’était imposé comme une voix singulière en dénonçant avec virulence la gouvernance du président du Conseil Faure Gnassingbé. Dans un contexte togolais où les critiques directes du régime demeurent rares, ses prises de parole avaient rapidement attiré l’attention.

Fils d’un ancien directeur de la gendarmerie, l’artiste apparaissait comme une figure inattendue de la contestation. Ses déclarations lui avaient toutefois valu une arrestation suivie d’un passage en détention. Par la suite, des informations avaient circulé sur de supposés troubles mentaux, avant son transfert dans un hôpital psychiatrique à Zébé à Aného.

Cet épisode avait profondément choqué une partie de l’opinion publique. Beaucoup y voyaient une manière de neutraliser une voix devenue dérangeante. Son arrestation, ainsi que ses prises de position, avaient contribué à mobiliser plusieurs citoyens autour du mouvement du 6 juin, prélude à la naissance du M66.

Dans son récent message, Amron reconnaît que certaines évolutions sont perceptibles dans le pays. « Est-ce que les choses bougent ? Oui, honnêtement », écrit-il, laissant entendre que son combat n’aurait pas été totalement vain.

Mais cette note d’espoir est aussitôt assombrie par une confidence plus grave : « J’ai peur pour moi-même ». En quelques mots, l’artiste expose la fragilité de sa situation personnelle et les craintes qui continuent de l’habiter.

Cette déclaration risque de raviver les interrogations sur le sort réservé aux voix critiques au Togo. Elle rappelle aussi le prix parfois payé par ceux qui s’engagent publiquement pour réclamer des changements. Derrière le message d’Aamron, c’est tout un pays qui se retrouve face à ses contradictions entre aspiration démocratique et climat de peur.

@Gapola

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