Le gouvernement togolais cherche à mieux structurer la filière anacarde. Pour ce faire, le ministre de l’Économie et de la veille stratégique et son collègue de l’Agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire ont signé un nouvel arrêté modifiant la réglementation de la commercialisation de la noix de cajou au Togo. Pris en décembre 2025, le texte impose aux acheteurs de livrer une partie de leur stock aux transformateurs locaux afin de renforcer la transformation nationale et mieux organiser la filière anacarde.
Dans ce nouvel arrêté interministériel, les autorités togolaises introduisent une modification majeure des règles applicables aux acteurs de la filière anacarde. Désormais, tout acheteur agréé ou toute coopérative devra céder une partie de sa collecte aux unités de transformation installées au Togo.
« Tout acheteur agréé de noix de cajou ainsi que toute société coopérative de producteurs sont tenus (…) de livrer aux unités de transformation établies sur le territoire national une quantité représentant au moins un tiers (1/3) du volume des noix de cajou qu’ils ont collecté ou acheté », précisent Badanam Patoki et Antoine Lekpa Gbegbegni.
Cette mesure vise à renforcer l’industrialisation locale et à réduire l’exportation brute des noix de cajou, souvent critiquée par les autorités économiques. Le prix de cession aux transformateurs sera fixé au début de chaque campagne par l’interprofession de la filière.
Le texte prévoit également un contrôle strict des livraisons. Les transformateurs devront délivrer un document officiel attestant la réception des quantités obligatoires. Selon l’arrêté, les responsables des unités délivrent à l’acheteur agréé ou à la société coopérative un quitus ou un bordereau de livraison (…) visé par le Conseil Interprofessionnel de la Filière Anacarde du Togo.
Sanctions, agréments et saisies en cas de non-respect
Le nouvel arrêté renforce aussi les sanctions contre les opérateurs qui ne respecteraient pas les quotas imposés par l’État. Les acheteurs ou coopératives qui ne livrent pas le tiers obligatoire ne pourront plus vendre aux exportateurs pendant toute la campagne.
« Tout acheteur agréé (…) qui ne respecte pas l’obligation (…) sera exclu de toute opération de vente aux exportateurs pour la durée de la campagne en cours », préviennent les autorités.
Toutefois, une exception est prévue lorsque l’impossibilité de livraison provient des unités de transformation elles-mêmes. Dans ce cas, le Conseil interprofessionnel pourra délivrer une autorisation exceptionnelle.
L’arrêté rappelle également que l’achat et l’exportation des noix de cajou restent soumis à un agrément officiel. Le texte insiste sur ce point en précisant que toute cargaison de noix de cajou destinée à l’exportation sans ces documents sera saisie par les autorités compétentes.
@Gapola



