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Budgétisation verte : le MDDL outille ses cadres pour un développement local plus résilient

Rédigé par : Gapola

Le ministère délégué chargé du Développement local (MDDL) renforce les compétences de ses cadres sur l’intégration des enjeux climatiques et environnementaux dans les politiques publiques. Un atelier de formation organisé vendredi 14 août 2026, à l’Hôtel Amoukadi d’Adétikopé, a permis d’accélérer l’ancrage de la budgétisation verte dans les pratiques du ministère.

Le Togo poursuit sa réforme de la budgétisation verte, engagée depuis 2023. Dans cette dynamique, le ministère délégué auprès du ministère de l’Aménagement du territoire, chargé du Développement local (MDDL), a réuni ses cadres techniques et d’appui autour des enjeux liés au climat, à l’environnement et à leur intégration dans les politiques, stratégies, programmes et projets publics.

Ouvert par le ministre délégué chargé du Développement local, Gbloekpo Koamy Gomado, l’atelier a rassemblé le Point focal de la budgétisation verte au Togo, Valérie S. Akouvi Kouhoue, des experts nationaux, des cadres du ministère et plusieurs personnes ressources.

Le climat, désormais au cœur du développement territorial

Dans son discours d’ouverture, le ministre Gomado a rappelé que les changements climatiques, la dégradation des écosystèmes, l’urbanisation rapide et la pression croissante sur les ressources naturelles constituent désormais des facteurs majeurs dans le développement des territoires.

À ces défis s’ajoutent les risques d’inondation, d’érosion et de dégradation des sols, qui affectent directement les infrastructures, les activités économiques et la qualité de vie des populations.

Pour le ministre, ces questions ne peuvent plus être considérées comme relevant exclusivement de la politique environnementale. Elles concernent également l’aménagement du territoire, la planification territoriale, les infrastructures, les services publics locaux et le développement économique.

D’où la nécessité, selon lui, d’intégrer les considérations environnementales et climatiques à toutes les étapes de l’action publique : conception, programmation, financement, mise en œuvre, suivi et évaluation.

Repenser les investissements locaux

Gbloekpo Koamy Gomado a notamment appelé à dépasser une conception du développement local exclusivement centrée sur les infrastructures et les capacités économiques des collectivités.

Il s’agit désormais d’évaluer la durabilité des investissements, leur vulnérabilité face aux aléas climatiques, leur impact sur les ressources naturelles ainsi que leur contribution à la réduction des risques.

À titre d’exemple, la construction d’un marché moderne ne devrait plus être envisagée sous le seul angle des infrastructures. La gestion des déchets, le drainage des eaux pluviales, la ventilation, l’efficacité énergétique, l’accessibilité et la résistance aux événements climatiques extrêmes doivent également être pris en compte.

Cette approche doit progressivement s’étendre à l’ensemble des interventions du ministère afin que les choix budgétaires contribuent à bâtir des territoires plus durables et plus résilients.

La budgétisation verte comme outil d’aide à la décision

Pour Valérie S. Akouvi Kouhoue, Point focal de la budgétisation verte au Togo, la budgétisation verte constitue un véritable outil d’aide à la décision stratégique.

Elle permet notamment d’intégrer les objectifs environnementaux et de résilience climatique dans les arbitrages budgétaires et les choix de développement territorial.

La formation vise ainsi à permettre aux responsables du ministère de mieux identifier les dépenses ayant un impact environnemental positif, d’en apprécier la pertinence et de mieux valoriser l’effort vert du ministère dans la planification budgétaire nationale.

Trois modules au cœur de la formation

Les travaux ont été articulés autour de trois principaux modules portant sur les concepts liés au climat et à l’environnement, les généralités sur le budget vert au Togo ainsi que la méthodologie et les outils permettant d’intégrer les dimensions climatiques et environnementales dans le processus budgétaire.

L’expert en changement climatique Sossou Komi a présenté les causes, manifestations et conséquences des changements climatiques. Les échanges ont notamment permis de distinguer les deux grands axes de l’action climatique : l’adaptation et l’atténuation.

L’adaptation concerne les dépenses destinées à réduire la vulnérabilité des populations et des territoires face aux effets du changement climatique, tandis que l’atténuation regroupe les actions visant notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les participants ont également abordé les dépenses environnementales liées à la lutte contre la pollution de l’eau, de l’air et des sols, à la gestion des déchets, à la préservation des écosystèmes et à la réduction des impacts des activités humaines sur l’environnement.

Vers un modèle togolais de développement territorial durable

Au-delà de la formation, le MDDL entend inscrire cette démarche dans la durée. Pour le ministre Gomado, cette transformation passe également par le renforcement des partenariats avec les ministères sectoriels, les collectivités territoriales, les régions, les partenaires techniques et financiers, les universités et centres de recherche, le secteur privé, la société civile et les communautés locales.

L’objectif, précise-t-il, n’est pas de reproduire des modèles conçus ailleurs, mais de construire « un modèle togolais de développement territorial durable et résilient », adapté aux réalités nationales.

À l’issue de l’atelier, chaque direction, cellule et unité du ministère est appelée à identifier les actions permettant d’intégrer progressivement les dimensions environnementales et climatiques dans son fonctionnement quotidien. Les acquis de la formation devront notamment être traduits en outils, procédures, critères, indicateurs et mécanismes opérationnels.

« Il n’y aura pas de développement territorial durable sans résilience climatique. Il n’y aura pas de résilience climatique sans planification », a martelé le ministre, invitant les cadres à faire de cette démarche une priorité collective.

À travers cette initiative, le MDDL entend ainsi franchir une nouvelle étape : passer de la simple sensibilisation à l’institutionnalisation de la prise en compte du climat et de l’environnement dans l’action publique. Une orientation destinée à mieux planifier les territoires, mieux orienter les investissements et renforcer durablement leur résilience au bénéfice des populations togolaises.

Nicole MLAGA

@Gapola

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