Les 1 000 premiers jours de la vie, de la conception aux 2 ans de l’enfant, sont déterminants pour sa croissance et son développement. Une malnutrition durant cette période critique peut entraîner des conséquences irréversibles sur la santé, l’apprentissage et l’avenir de l’enfant.
Consciente de cet enjeu majeur, l’UNICEF, en appui au gouvernement togolais, accompagne la mise en place de groupes de soutien à l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE). Ces initiatives visent à améliorer durablement les pratiques alimentaires des enfants exposés à un apport nutritionnel insuffisant.
Implanté au centre de santé de Kétao, dans la région de la Kara, le groupe de soutien ANJE joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des mères, notamment en matière d’allaitement maternel et de nutrition adaptée aux jeunes enfants.
« La mission du groupe ANJE est d’accompagner les mères dès la naissance de leur enfant, en veillant à un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois, puis à l’introduction progressive d’aliments complémentaires appropriés, conformément aux recommandations de l’OMS », explique Diawé Assima, Ingénieur en santé environnementale au centre de santé de Kétao.
Des pratiques nutritionnelles améliorées grâce aux communautés
Le programme ANJE repose sur la formation de femmes issues des communautés locales, communément appelées les « bonnes dames ». Véritables relais communautaires, elles sensibilisent les familles dans leurs quartiers et villages et transmettent des pratiques nutritionnelles essentielles.
« Nous apprenons à préparer des farines enrichies à partir d’ingrédients locaux comme le maïs jaune ou orange, le soja, les haricots et les petits poissons grillés, broyés et tamisés », témoigne Essossimna Abalo, Femme leader du village de Kadjanga et mère de deux enfants.
Ces farines, composées notamment d’un bol de soja, d’un bol de haricots, de trois bols de maïs, complétées par une quantité adaptée de petits poissons et de voandzou, servent à préparer des bouillies nutritives pour les enfants. Leur préparation se fait à l’aide d’ustensiles fournis par l’UNICEF, tout en maintenant l’allaitement maternel.
À partir de six mois, les mères sont également conseillées sur la diversification alimentaire, notamment la préparation de sauces locales comme l’ademé ou le gombo, enrichies avec de petits poissons, en fonction de l’âge et de l’évolution de l’enfant.
Le rôle clé des relais communautaires
Les relais communautaires accompagnent les mères lors des séances de sensibilisation, observent l’état nutritionnel des enfants et veillent à l’application correcte des techniques de préparation des aliments enrichis. Avant la mise en œuvre du programme, certaines pratiques, comme l’introduction précoce de l’eau ou d’autres aliments, compromettaient l’allaitement exclusif et augmentaient les risques de malnutrition.
« Ces femmes sont des actrices clés de la lutte contre la malnutrition. Parce qu’elles font partie intégrante des communautés, elles assurent un suivi de proximité et transmettent des informations vitales aux mères », souligne le Dr Bawanam Tchondo, Médecin responsable du centre de santé de Kétao.
Aujourd’hui, la mise en place du groupe de soutien ANJE contribue à une amélioration notable de la santé des enfants, qui tombent moins souvent malades et grandissent dans de meilleures conditions.
En renforçant l’action des agents de santé et en mobilisant les communautés, le programme ANJE démontre que la sensibilisation, l’engagement communautaire et le suivi rapproché sont essentiels pour prévenir la malnutrition infantile.
Au Togo, grâce à l’engagement du gouvernement, des communautés locales et avec l’appui de l’UNICEF, ces initiatives prouvent qu’une nutrition adéquate dès les premiers jours de la vie peut transformer le destin des enfants et leur offrir un avenir en meilleure santé.
Nicole MLAGA




