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Kpalimé: Jean Yaovi Degli dénonce un ” déni de justice ” sept mois après une présumée attaque par drone

Rédigé par : Gapola

Sept mois après une présumée attaque par drone contre sa résidence privée à Kpalimé, l’ancien ministre togolais Jean Yaovi Degli affirme que l’enquête judiciaire est au point mort. Le président du mouvement politique « Bâtir le Togo » accuse les autorités judiciaires de freiner la manifestation de la vérité et évoque la disparition d’éléments de preuve.

À Kpalimé, dans l’ouest du Togo, une affaire aux contours encore flous continue d’alimenter les interrogations. Dans un communiqué rendu public ce 8 juin, l’ancien ministre Jean Yaovi Degli affirme avoir été la cible d’une attaque par drone le 8 novembre 2025 à son domicile situé dans le quartier Kligue Kondji.

Selon l’avocat et homme politique, un drone de grande taille aurait survolé sa propriété avant de déverser une substance toxique. Cette opération aurait provoqué la mort de plus de 1 300 poissons élevés dans plusieurs bassins piscicoles de sa résidence et contaminé diverses plantations présentes sur le site.

Jean Yaovi Degli soutient que l’appareil avait déjà effectué un repérage de la zone la veille des faits. Il décrit un drone équipé de bras d’environ un mètre et transportant des sachets contenant une poudre blanche.

D’après son récit, l’engin se serait positionné au-dessus de palmiers dominant les bassins avant de larguer son contenu. La substance aurait ensuite atteint les poissons, des noix de palme, des fougères ainsi que d’autres végétaux. L’ancien ministre affirme également que plusieurs animaux sont morts dans les jours et semaines ayant suivi l’incident.

Le président du mouvement « Bâtir le Togo » affirme avoir reçu, plusieurs semaines avant l’incident, des informations faisant état de menaces visant sa personne. Selon lui, ces avertissements étaient liés à ses prises de position sur certaines questions locales concernant des quartiers et cantons de la ville de Kpalimé.

Il explique que ces alertes l’avaient conduit à prendre certaines mesures préventives afin de protéger une partie de ses installations.

 

 

Des plaintes déposées et des preuves transmises

L’ancien ministre indique avoir saisi la justice dès le jour des faits. Une plainte orale aurait été déposée le 8 novembre 2025, avant qu’une plainte écrite ne soit enregistrée deux jours plus tard.

Selon ses déclarations, plusieurs éléments ont été remis aux enquêteurs, notamment des poissons morts, des échantillons de végétaux contaminés, un sachet contenant la substance suspecte, ainsi que des photographies, des vidéos et les noms de personnes qu’il considère comme des suspects potentiels.

Jean Yaovi Degli affirme également que des prélèvements ont été effectués à deux reprises dans le cadre des investigations.

L’un des aspects les plus sensibles du dossier concerne la disparition présumée de certains éléments de preuve. L’ancien ministre affirme que plusieurs échantillons prélevés après les faits, notamment des poissons et des végétaux contaminés, ne figureraient plus dans les dossiers d’enquête.

Il déplore par ailleurs qu’aucune analyse toxicologique n’ait, selon lui, permis jusqu’à présent d’identifier la nature de la substance incriminée ou son origine.

Des soupçons visant deux catégories de personnes

Jean Yaovi Degli explique que ses soupçons portent sur deux groupes distincts : d’une part des citoyens ordinaires susceptibles d’être poursuivis dans le cadre de la procédure judiciaire classique, et d’autre part des responsables politico-administratifs bénéficiant d’un régime particulier de protection juridique.

Selon lui, les plaintes ont été volontairement séparées afin de faciliter l’ouverture rapide des enquêtes concernant les personnes ne bénéficiant d’aucune immunité. Il estime toutefois que la procédure aurait été bloquée dès lors que des personnalités protégées auraient été citées.

Face à ce qu’il qualifie de « déni de justice », l’ancien ministre annonce envisager de nouvelles démarches dans les prochains jours. Il affirme également être prêt à rendre publiques de nouvelles informations sur les personnes qu’il accuse de chercher à entraver l’enquête.

Jean Yaovi Degli appelle les autorités togolaises à garantir la poursuite effective des investigations et dit prendre à témoin l’opinion publique nationale ainsi que la communauté internationale.

À ce stade, aucune conclusion officielle n’a été rendue publique par les autorités judiciaires concernant les circonstances de l’incident, la nature de la substance évoquée ou les éventuelles responsabilités. L’affaire demeure donc ouverte et continue de susciter des interrogations, notamment autour des allégations d’utilisation d’un drone, de disparition de preuves et d’entraves présumées à la procédure judiciaire.

@Gapola

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