La nouvelle hausse des prix des produits pétroliers au Togo continue de susciter des réactions dans la classe politique. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) dénonce une décision « socialement insoutenable et inacceptable » et réclame du gouvernement la publication de la structure complète des prix à la pompe.
Depuis le vendredi 11 septembre 2026, une nouvelle grille tarifaire est entrée en vigueur au Togo. Le litre de super sans plomb est désormais vendu à 817 FCFA, contre 766 FCFA pour le gasoil, 1 056 FCFA pour le pétrole lampant et 896 FCFA pour le mélange deux-temps.
Cette augmentation intervient à quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, une période au cours de laquelle les ménages doivent déjà faire face à de nombreuses dépenses liées notamment aux fournitures scolaires, aux uniformes, aux frais de scolarité et au transport.
Pour l’ANC, cette situation accentue davantage la pression qui pèse sur le pouvoir d’achat des populations. Le parti d’opposition demande ainsi au gouvernement de fournir une note de justification complète et détaillée de la nouvelle grille tarifaire.
L’ANC souhaite notamment connaître les éléments ayant conduit à la fixation des nouveaux prix, notamment les cours internationaux du pétrole, le coût réel de l’approvisionnement, la fiscalité, les différentes taxes et prélèvements, ainsi que les marges appliquées par les différents acteurs intervenant dans la formation des prix à la pompe.
Dans son communiqué, le parti présidé par Jean-Pierre Fabre estime que la nouvelle hausse est difficilement supportable par les populations. Le président de l’ANC reproche au gouvernement de ne pas mettre en œuvre des réponses durables face à la crise du pouvoir d’achat.
Selon Jean-Pierre Fabre, l’exécutif aurait choisi de faire supporter aux citoyens le poids de difficultés économiques et financières qui, selon lui, rendent moins efficaces les mécanismes de stabilisation ou de soutien des prix.
Au-delà de la question des carburants, l’ANC inscrit cette hausse dans un contexte politique et institutionnel plus large. Le parti estime que les difficultés économiques et sociales ne doivent pas détourner l’attention des citoyens des questions relatives à la démocratie, à la légitimité, à l’État de droit et au respect des engagements internationaux du Togo.
L’ANC réitère également son exigence d’une réponse politique et institutionnelle aux conclusions de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO concernant la réforme constitutionnelle de 2024.
Trois exigences sur la table
Face à la flambée des prix, le parti d’opposition formule trois principales exigences. Il demande d’abord le rappel de la nouvelle grille tarifaire ainsi que la publication intégrale de la structure des prix des produits pétroliers.
L’ANC réclame ensuite l’adoption de mesures urgentes destinées à réduire l’impact de la hausse sur les populations les plus vulnérables.
Enfin, le parti appelle à l’ouverture d’un véritable débat national sur la vie chère, la fiscalité, les politiques sociales et les choix économiques du pays.
L’Alliance nationale pour le changement invite par ailleurs les Togolaises et les Togolais à rester « vigilants et mobilisés », tout en gardant leur lucidité face aux enjeux économiques, sociaux, démocratiques et institutionnels qui, selon elle, conditionnent l’avenir du pays.
Nicole MLAGA
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