La prévention du paludisme continue de mobiliser d’importants moyens pour protéger les populations contre l’une des maladies les plus préoccupantes pour la santé publique. La dernière campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) vient ainsi de livrer des résultats particulièrement encourageants, avec des niveaux de couverture qui approchent, dans plusieurs localités, la quasi-totalité des ménages ciblés.
La performance traduit à la fois l’ampleur de la mobilisation et l’efficacité du dispositif mis en place. Lancée le 14 juillet 2026, l’opération constitue l’un des grands rendez-vous de la stratégie nationale de prévention du paludisme. Les premières remontées de terrain font apparaître des taux de distribution particulièrement élevés dans plusieurs préfectures.
Des résultats qui frôlent la couverture universelle
À Mô, la campagne affiche un taux de couverture de 99,9 %. Sur les 13 290 ménages recensés, 13 271 ont été servis, pour un total de 35 254 moustiquaires distribuées. Dans l’Oti-Sud, le taux atteint 99 %, avec 109 327 moustiquaires distribuées.
À Bassar, la couverture globale s’établit à 97 %. Les différents sites de distribution affichent également des performances élevées : 94,9 % au Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Bassar, 94,9 % au CMS de Kabou et 94,3 % à l’unité de soins périphériques de Manga. Au total, 1 039 moustiquaires demeurent disponibles pour les ménages disposant encore de coupons et qui n’ont pas pu effectuer leur retrait.
D’autres préfectures enregistrent également des niveaux significatifs. Dans l’Oti, 93,2 % de couverture ont été atteints, avec 86 506 moustiquaires distribuées. Dans l’Ogou, 88,2 % des ménages ont été servis, correspondant à 89,8 % des moustiquaires prévues, soit 212 552 MII acheminées vers 25 formations sanitaires.
À Kantè, dans la préfecture de la Kéran, 93 650 moustiquaires, représentant 1 873 ballots, ont été fournies sur 107 sites aménagés pour les 34 320 ménages recensés.
Fruit d’une préparation méthodique
Avant le début de la distribution, les comités locaux d’organisation ont travaillé sur le chronogramme, la répartition des responsabilités, le recensement des ménages, la disponibilité des stocks, la mobilisation sociale et la supervision.
L’opération a été organisée en deux phases. La première, du 14 au 18 juillet, a couvert les régions Maritime, des Plateaux, Centrale et des Savanes. La seconde, du 26 au 30 juillet, a concerné la région de la Kara et le Grand Lomé. Au total, 5 658 350 moustiquaires ont été prévues pour une distribution gratuite aux ménages togolais.
En amont, les équipes de santé avaient procédé à un recensement porte-à-porte entre la fin mai et le début juin. Cette étape a permis d’identifier les ménages bénéficiaires et de leur remettre des coupons de retrait, afin de mieux organiser les flux lors de la distribution.
La campagne s’appuie également sur des outils numériques destinés à renforcer la précision du dispositif. Les agents mobilisés ont été équipés de smartphones et de tablettes, tandis que chaque ménage recensé s’est vu attribuer un identifiant unique.
Cette approche permet de mieux suivre les bénéficiaires, de limiter les risques de doublons et d’assurer une meilleure traçabilité des moustiquaires. Elle contribue ainsi à rendre plus fiable la gestion d’une opération portant sur plusieurs millions de MII.
Une chaîne logistique suivie jusqu’au dernier maillon
La performance enregistrée dans plusieurs localités tient enfin à une chaîne logistique structurée. Dans l’Ogou, par exemple, les 212 552 moustiquaires destinées à 25 formations sanitaires ont été acheminées et réceptionnées sans écart.
De la planification au recensement, du transport à la distribution, chaque maillon a ainsi été organisé pour assurer la disponibilité des moustiquaires au bon endroit et au bénéfice des ménages ciblés. Une approche qui permet au Togo de renforcer, à grande échelle, l’un des principaux moyens de prévention du paludisme.







