Au Togo, le changement ne se mesure pas seulement dans les champs. Il se lit aussi dans les greniers, sur les marchés et dans les assiettes, comme l’a demandé le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui n’a jamais oublié les agriculteurs et les consommateurs nationaux.
Entre 2020 et 2024, selon les données officielles, le taux de couverture des besoins nationaux en céréales est passé de 136 % à 153 %. Le pays produit ainsi bien au-delà de ses besoins céréaliers, avec un excédent de plus de 1,37 million de tonnes.
Derrière cette augmentation est présente une évolution majeure : celle d’un pays qui renforce sa capacité à nourrir sa population, à mieux résister aux chocs extérieurs et à transformer son agriculture en véritable levier économique.
Les céréales ne sont pas de simples produits. Elles sont au cœur même de l’alimentation quotidienne avec leur place essentielle dans les habitudes alimentaires d’une grande partie de la population. Maïs, riz, sorgho, mil et autres céréales entrent dans la préparation de nombreux repas et constituent une source importante d’énergie pour les ménages.
Un changement qui parle
Le passage de 136 % en 2020 à 153 % en 2024 signifie que la production céréalière nationale couvre largement les besoins du pays. Le taux supérieur à 100 % indique déjà une capacité de production excédentaire ; son augmentation montre que cette marge s’est encore renforcée. Autrement dit, pour 100 unités de besoins nationaux en céréales, le pays en produisait l’équivalent de 136 en 2020, contre 153 en 2024.
Cette marge joue le rôle d’un matelas de sécurité. En cas de difficultés sur les marchés internationaux, de perturbations des chaînes d’approvisionnement ou de tensions sur les prix, disposer d’une telle production permet de réduire l’exposition du pays aux aléas extérieurs.
L’excédent de plus de 1,37 million de tonnes donne une dimension concrète à cette capacité de couverture. Il représente un volume de production disponible au-delà des besoins nationaux estimés. Cet excédent peut avoir plusieurs usages. Une partie peut être conservée sous forme de stocks afin de contribuer à sécuriser l’approvisionnement pendant les périodes où la production est moindre. Une autre peut alimenter les activités de transformation agroalimentaire. Le surplus peut également être commercialisé sur les marchés régionaux, selon les conditions de production, de stockage, de transport et de demande.
La question du stockage est ici particulièrement importante. Un excédent agricole n’atteint pleinement sa valeur économique que s’il peut être conservé dans de bonnes conditions. Sans infrastructures adaptées, une partie de la production peut subir des pertes après récolte. L’enjeu est donc désormais de transformer le surplus en valeur durable.
De la sécurité alimentaire à la souveraineté alimentaire
La hausse du taux de couverture renforce également la capacité du Togo à compter davantage sur sa propre production pour satisfaire les besoins de sa population.
La sécurité alimentaire ne signifie pas seulement disposer de nourriture. Elle suppose aussi que les populations puissent accéder, de manière régulière, à des aliments en quantité suffisante et à des conditions acceptables.
Une production nationale abondante constitue donc un avantage stratégique. Elle réduit la nécessité de dépendre systématiquement des importations pour certains produits essentiels et permet au pays de mieux absorber les chocs qui peuvent survenir à l’extérieur.







