Des rumeurs de prétendues disparitions d’organes génitaux après un simple contact avec certaines personnes alimentent depuis plusieurs jours un climat de psychose dans plusieurs villes togolaises. Alors que ces allégations circulent abondamment sur les réseaux sociaux, le gouvernement affirme qu’aucun élément ne permet, à ce stade, d’en établir la réalité. En revanche, les violences qui en découlent inquiètent les autorités, qui promettent des poursuites contre leurs auteurs.
L’affaire s’est propagée à grande vitesse, des réseaux sociaux aux marchés en passant par les transports publics. Dans plusieurs localités du pays, des témoignages et des vidéos évoquant de mystérieuses disparitions d’organes génitaux ont nourri un sentiment de peur, conduisant parfois à des accusations spontanées contre des personnes présentées comme responsables.
Face à cette montée de la tension, le ministère de la Sécurité est sorti de son silence. Dans un communiqué, il indique que les investigations menées par les services compétents, en collaboration avec les autorités sanitaires, n’ont, à ce jour, permis de confirmer aucun des faits rapportés.
Les autorités appellent ainsi à la prudence et mettent en garde contre la diffusion d’informations non vérifiées, susceptible d’alimenter davantage la psychose.
La fermeté affichée du gouvernement
Si les rumeurs demeurent invérifiées, leurs conséquences, elles, sont bien réelles. Selon le ministère, plusieurs personnes ont été prises à partie ou agressées à la suite de simples soupçons, dans un contexte marqué par la peur et la désinformation.
« Nul n’est autorisé à se faire justice. Toute personne se livrant à des actes de violence, d’agression, de destruction de biens, de diffusion de fausses informations ou de trouble à l’ordre public s’expose à la rigueur de la loi », avertit le colonel Calixte Batossie Madjoulba.
Par cette mise en garde, l’exécutif cherche à contenir une situation susceptible de dégénérer si les rumeurs continuent de se propager sans fondement établi.
Le gouvernement exhorte la population à faire preuve de responsabilité et à privilégier les circuits officiels pour signaler tout fait jugé suspect.
« Le ministre appelle la population au calme, à la retenue et à la responsabilité, à s’abstenir de relayer des informations non vérifiées et à signaler, sans délai, tout fait suspect aux services compétents », souligne le communiqué.
Les citoyens sont invités à contacter le Centre national de commandement unifié ou les services de police et de gendarmerie afin de permettre les vérifications nécessaires. Les forces de défense et de sécurité, assure le ministère, demeurent mobilisées pour prévenir tout débordement et garantir la protection des personnes et des biens.
Au-delà de la réponse sécuritaire, cet épisode met une nouvelle fois en lumière la rapidité avec laquelle les réseaux sociaux peuvent amplifier des rumeurs et provoquer des violences collectives, obligeant les autorités à conjuguer enquête, communication publique et maintien de l’ordre.
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