La Fédération Togolaise de Football (FTF) a choisi l’expérience. En confiant les rênes des Éperviers à Patrice Neveu, technicien français rompu aux réalités du continent, Lomé mise sur un profil réputé pour sa rigueur et sa capacité à remettre de l’ordre dans des sélections en quête de stabilité.
À 71 ans, Neveu n’est pas un inconnu du football africain. De la Mauritanie au Gabon, en passant par la Guinée ou la RD Congo, il s’est forgé une réputation d’entraîneur bâtisseur, davantage axé sur la structuration et la discipline que sur le spectacle. Un choix qui en dit long sur les priorités actuelles du Togo.
Ces dernières années, les Éperviers ont alterné espoirs et désillusions. Manque de constance, fragilités défensives, difficulté à enchaîner les performances ont rythmé le parcours de la sélection.
Avec Patrice Neveu, le message est clair. La priorité va à l’organisation collective. Le Français est connu pour installer une discipline tactique stricte, renforcer la cohésion du bloc défensif et privilégier l’équilibre plutôt que la flamboyance.
Les supporters devront sans doute s’habituer à un jeu plus structuré, parfois moins spectaculaire, mais potentiellement plus efficace.
CAN : l’objectif minimal
Dans l’esprit des dirigeants comme des fans, la qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) apparaît comme le cap prioritaire.
Après plusieurs campagnes frustrantes, le Togo veut retrouver une présence régulière en phase finale, sortir du cycle des éliminatoires manquées et réaffirmer sa crédibilité régionale.
M. Neveu, habitué aux joutes qualificatives africaines, arrive avec l’étiquette de spécialiste des missions de redressement.
La Coupe du Monde reste un rêve plus qu’une obligation. Mais dans un contexte où les places africaines sont plus nombreuses qu’auparavant, la FTF espère au minimum rester compétitive dans son groupe, éviter les éliminations précoces et jouer un rôle de trouble-fête. Une lutte crédible pour la qualification serait déjà perçue comme un signal fort.
L’un des chantiers majeurs du nouveau sélectionneur sera la gestion du renouvellement de l’effectif.
Le Togo doit intégrer davantage de jeunes talents, redéfinir une colonne vertébrale et trouver l’équilibre entre cadres expérimentés et relève.
Patrice Neveu excelle dans ce type d’exercice, lui qui a souvent travaillé avec des sélections en reconstruction.
Un électrochoc psychologique attendu
Tout changement de sélectionneur entraîne son lot d’espoirs. Nouvelle hiérarchie, concurrence relancée, méthodes différentes. Les cartes sont redistribuées. Certains joueurs pourraient gagner du temps de jeu tandis que d’autres verraient leur statut fragilisé. Mais au-delà des trajectoires individuelles, c’est une dynamique collective que Lomé attend.
Comme souvent, les premières sorties seront scrutées. Les choix dans les premières listes, les ajustements tactiques et les résultats immédiats seront analysés avec attention.
Dans un environnement où la patience est limitée, M. Neveu devra rapidement poser sa marque. L’enjeu dépasse cependant les résultats instantanés. La mission s’inscrit dans une perspective plus large. Installer une identité de jeu claire, stabiliser les performances et redonner une ligne directrice aux Éperviers.
@Gapola



