Le gouvernement togolais a officiellement lancé, mercredi 9 septembre 2026, la deuxième édition de la campagne nationale de distribution gratuite de kits scolaires aux filles du primaire et du secondaire issues des zones vulnérables. Pour l’année scolaire 2026-2027, plus de 150 000 kits seront distribués dans plus de 1 500 localités à travers le pays, contre 100 000 kits dans 700 localités lors de la précédente édition.
Placée sous le signe du travail, de la persévérance et de l’excellence, cette campagne traduit la volonté des autorités togolaises de renforcer les conditions d’accès et de maintien des filles à l’école, particulièrement dans les communautés confrontées aux difficultés socio-économiques.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’autonomisation des femmes et de dividende démographique en Afrique de l’Ouest (SWEDD+ Togo), avec l’appui financier de la Banque mondiale. Elle participe également à la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale 2025-2031, « Protéger, rassembler, transformer », qui fait de l’éducation un levier majeur d’un développement durable, équitable et inclusif.
Soutenir les filles vulnérables et récompenser l’excellence
Au-delà de la distribution de fournitures scolaires, la campagne entend réduire les contraintes matérielles susceptibles de compromettre la scolarisation des filles et favoriser leur maintien dans le système éducatif.
Elle comporte également un volet consacré à la promotion de l’excellence. Les filles ayant obtenu les meilleurs résultats aux examens du CEPD, du BEPC et du Probatoire au titre de l’année scolaire 2025-2026 sont ainsi récompensées.
Dans la préfecture de Blitta, les meilleures élèves ont reçu des kits scolaires comprenant notamment un sac à dos équipé d’un panneau solaire et d’une lampe d’éclairage. Fabriqué au Togo à partir de matières recyclées, cet équipement associe soutien à la scolarisation, innovation et sensibilisation à la protection de l’environnement.
Pour Sandra Ablamba Ahoéfavi Johnson, ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil et gouverneure de la Banque mondiale pour le Togo, cette initiative vise à la fois à lever les obstacles matériels et à reconnaître les efforts des élèves qui se distinguent par leurs résultats.
« Nous ne voulons pas seulement enlever les contraintes qui peuvent empêcher une fille de poursuivre sa scolarité, mais également reconnaître celles qui, malgré les difficultés, se distinguent par leur travail et leurs résultats », a-t-elle déclaré.
Selon elle, cette double opération traduit la volonté des autorités de faire de la solidarité nationale une réalité dans toutes les localités du pays, tout en faisant de l’excellence une valeur centrale.
Des réformes qui améliorent la scolarisation
À cette occasion, Sandra Ablamba Ahoéfavi Johnson a également rappelé les réformes et investissements engagés par le gouvernement pour améliorer l’accès à l’éducation et réduire les disparités entre filles et garçons.
Elle a notamment cité la gratuité de la scolarité au primaire et au secondaire ainsi que la gratuité des frais d’inscription. Ces mesures ont contribué, selon les autorités, à l’amélioration des indicateurs de scolarisation des filles.
Le taux d’achèvement atteint désormais 98 % chez les filles, contre 97,19 % chez les garçons, selon les données présentées.
Pour Mama Omorou, ministre de l’Éducation nationale, la campagne constitue ainsi un acte stratégique qui dépasse la simple remise de fournitures scolaires. Elle repose sur trois dimensions : l’équité d’accès à l’éducation et à la formation, la gouvernance concertée de la politique éducative et la dimension sociale associée à l’innovation responsable.
Le ciblage des filles en situation de vulnérabilité relève, selon le ministère, d’un choix d’équité. « Une fille maintenue à l’école, c’est une famille sécurisée, une communauté renforcée et un capital humain préservé pour notre pays », a-t-il souligné.
Le défi du maintien au secondaire
La Banque mondiale, partenaire de cette initiative, relève pour sa part des progrès importants dans l’accès des filles à l’éducation au primaire.
D’après les données présentées par Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, le taux de scolarisation au primaire s’établit à 117,1 % chez les filles, contre 115,6 % chez les garçons. Le taux de proportion du primaire est également favorable aux filles, avec 90 % contre 87 % pour les garçons.
Mais ces avancées ne doivent pas masquer les difficultés qui apparaissent au fur et à mesure que les filles progressent dans leur parcours scolaire.
« Là où les choses deviennent plus difficiles, c’est quand les filles passent au premier cycle et encore plus au deuxième cycle », a expliqué Marie-Chantal Uwanyiligira.
Au second cycle du secondaire, les filles ne représentent ainsi plus que 36 % des effectifs, contre 80 % pour les garçons, selon les chiffres présentés. Une situation qui souligne la nécessité de renforcer les actions destinées à maintenir les filles à l’école jusqu’à la fin du secondaire.
« Il va falloir investir encore plus dans l’éducation pour que les filles restent à l’école, afin qu’elles puissent passer du primaire au secondaire et terminer le secondaire », a-t-elle plaidé, insistant sur l’importance d’investir durablement dans l’éducation des filles.
Faire de l’égalité des chances une réalité
Au nom des populations de Blitta, le député à l’Assemblée nationale a salué une initiative qu’il considère comme un véritable instrument de transformation sociale et d’égalité des chances.
« L’éducation demeure l’un des investissements les plus sûrs qu’une nation puisse réaliser pour assurer son avenir », a-t-il déclaré.
Pour lui, la distribution des kits constitue un soutien concret aux familles confrontées aux difficultés matérielles et un encouragement supplémentaire au maintien des filles à l’école.
Il a également appelé à une approche globale de la scolarisation des filles, qui doit aller de pair avec leur protection contre les violences, les grossesses et les mariages précoces.
Avec plus de 150 000 kits scolaires prévus dans plus de 1 500 localités, contre 100 000 kits dans 700 localités l’année précédente, l’édition 2026-2027 marque une montée en puissance de cette campagne nationale.
À travers cette initiative, les autorités togolaises entendent faire de la solidarité, de l’égalité des chances et de l’excellence scolaire des réalités davantage accessibles aux filles, notamment celles issues des milieux les plus vulnérables.
@Gapola
E-Mail: thierryaffanoukoe@gmail.com
Tél : (00228) 92 42 51 78/71 76 79 53. Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Gapola.







