Les acteurs des Clubs Santé SOS DOCTEUR TV se sont réunis, du 18 au 20 août 2026, à Atakpamé, où ils ont fait le bilan de la première année de mise en œuvre du programme et défini les perspectives pour les années à venir. Déployé dans les sept régions éducatives, les 18 inspections pédagogiques et les 39 préfectures du pays, le dispositif cherche notamment à renforcer son ancrage dans les établissements secondaires. Au cœur de cette organisation, les comités d’enseignants encadreurs, chargés d’assurer la coordination et le suivi des activités des Clubs Santé SOS DOCTEUR TV sur le terrain.
Faire de l’école un espace où l’on apprend aussi à prendre soin de sa santé. C’est l’une des ambitions des Clubs Santé SOS DOCTEUR TV, un programme porté par AIMES-AFRIQUE et destiné aux établissements secondaires togolais. Lancé dans le cadre du Programme d’excellence et d’émulation en milieu scolaire et universitaire, le dispositif entend former une nouvelle génération de jeunes « en bonne santé, responsable et épanouie ».
Mais après une première année de mise en œuvre, les promoteurs veulent mesurer le chemin parcouru et surtout préparer la suite. La revue annuelle des performances 2025, organisée du 18 au 20 août, a ainsi réuni une centaine de participants autour d’un même objectif : analyser les résultats, identifier les difficultés et consolider les acquis.
Les enseignants, relais de proximité
Dans cette organisation, les enseignants encadreurs occupent une place centrale. Ils constituent le maillon entre les établissements scolaires et les différents niveaux de coordination du programme.
Au total, 85 encadreurs ont participé à la revue. Les 21 membres du Comité national des enseignants encadreurs, les présidents des sept Comités régionaux des enseignants encadreurs, les 18 présidents des Comités des enseignants encadreurs au niveau des inspections et les 39 présidents des comités préfectoraux.
À chaque niveau, ces comités ont vocation à accompagner la mise en œuvre des activités, à mobiliser les enseignants et les élèves, à assurer le suivi des clubs et à faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain.
Cette organisation prend une importance particulière dans un programme qui couvre un territoire aussi vaste. Entre la coordination nationale et les établissements, les enseignants encadreurs sont des acteurs de proximité qui connaissent les réalités de leur milieu scolaire et peuvent adapter les activités aux besoins des élèves.
Une organisation à plusieurs niveaux
La coordination repose sur plusieurs échelons. Au niveau national, le Comité national des enseignants encadreurs assure l’impulsion et l’accompagnement général. Dans les régions, les inspections et les préfectures, des comités assurent le relais.
Cette chaîne doit permettre une meilleure circulation de l’information et une coordination plus régulière des activités.
L’enjeu est aussi de faire en sorte que les Clubs Santé ne restent pas uniquement dépendants des interventions de l’équipe porteuse du programme.
C’est l’une des principales questions posées au cours de la revue. Comment permettre à un club de continuer à fonctionner lorsque les équipes d’AIMES-AFRIQUE et de SOS DOCTEUR TV ne sont pas physiquement présentes dans l’établissement pendant plusieurs mois ?
Aller vers l’autonomie
La réponse passe notamment par la mobilisation des ressources disponibles dans les établissements et leur environnement.
Compétences humaines, matériel, accompagnement des enseignants, implication des élèves, participation des parents : la pérennisation du dispositif dépendra en partie de cette capacité à mobiliser les ressources locales.
L’autonomisation recherchée est donc concrète. Un Club Santé véritablement autonome doit pouvoir poursuivre ses activités, organiser des séances de sensibilisation, mobiliser ses membres et maintenir sa dynamique sans attendre systématiquement l’intervention extérieure des promoteurs.
Cette approche donne aux enseignants encadreurs une responsabilité particulière. Ils ne sont pas seulement des accompagnateurs des élèves. Ils sont aussi appelés à devenir les garants de la continuité du dispositif dans les établissements.
Les Clubs Santé ne se limitent pas aux questions sanitaires. Le programme entend également promouvoir l’éducation non formelle à travers les activités para, péri et extrascolaires. Il veut aussi encourager le leadership transformationnel, la masculinité positive et le leadership féminin.
L’excellence et l’émulation en milieu scolaire et universitaire constituent un autre pilier. La démarche repose ainsi sur l’idée que la santé des jeunes ne peut pas être dissociée de leur éducation, de leur environnement social et de leur capacité à prendre des responsabilités.
Les activités du club deviennent alors des espaces où les élèves peuvent apprendre autrement, développer leur esprit d’équipe, prendre la parole et participer à des initiatives collectives.
Le bilan 2025 comme point de départ
La revue des performances ne s’est donc pas limitée à dresser la liste des activités réalisées. Les participants ont également travaillé sur les rôles et responsabilités des différents acteurs, les outils de suivi et les perspectives de mise en œuvre.
Présentations, débats, travaux de groupe et formulation de recommandations ont rythmé les échanges.
Une feuille de route pour la période 2026-2027 doit permettre de donner une orientation commune aux différents acteurs. La mobilisation des ressources humaines, matérielles et financières figure également parmi les priorités.
L’objectif est de disposer d’outils harmonisés et de méthodes communes pour assurer un meilleur suivi des activités dans les différents établissements.
Un réseau qui doit vivre sur le terrain
Avec ses 39 préfectures, ses 18 inspections pédagogiques et ses sept régions éducatives, le dispositif dispose désormais d’une organisation territoriale importante.
Reste à faire vivre cette organisation au quotidien. C’est probablement l’un des principaux enseignements de cette première année. La réussite des Clubs Santé dépendra autant de la qualité des activités proposées que de la capacité des acteurs locaux à se les approprier.
Les enseignants encadreurs sont au cœur de cette équation. Leur présence dans les établissements, leur connaissance du terrain et leur capacité à accompagner les élèves peuvent permettre de transformer les Clubs Santé en véritables espaces permanents d’apprentissage et de responsabilisation.
Pour AIMES-AFRIQUE et SOS DOCTEUR TV, l’enjeu des prochaines années sera donc de consolider cette dynamique et de renforcer les capacités des acteurs locaux.
Car un Club Santé qui fonctionne uniquement lorsque ses promoteurs sont présents reste fragile. À l’inverse, un club capable de poursuivre ses activités avec les moyens disponibles dans son environnement scolaire peut devenir un véritable outil durable d’éducation, de prévention et de promotion de la citoyenneté. La feuille de route 2026-2027 devra désormais préciser comment atteindre cet objectif.
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