Au Togo comme dans de nombreux pays africains, l’accès des filles à l’éducation a progressé ces dernières années. Mais derrière les chiffres encourageants, les difficultés restent nombreuses, notamment lorsqu’il s’agit de poursuivre les études jusqu’au secondaire.
Au Togo, un peu plus d’une fille sur deux achève aujourd’hui le premier cycle de l’enseignement secondaire. Selon les dernières données disponibles, 54,4 % des filles terminent ce niveau d’études, contre 58,8 % des garçons. Le pays reste ainsi confronté à un écart entre filles et garçons, même si celui-ci est moins important que dans certains autres pays d’Afrique subsaharienne.
L’autre indicateur est que le taux brut de scolarisation des filles dans le premier cycle du secondaire atteignait 76,5 % au Togo en 2023, selon les données de l’Institut de statistique de l’UNESCO.
Ces chiffres témoignent des progrès réalisés. Mais ils montrent également qu’une partie importante des filles n’arrive pas à poursuivre sa scolarité jusqu’à la fin du secondaire.
Pour certaines jeunes filles, le chemin vers l’école reste semé d’obstacles. La pauvreté des ménages, les travaux domestiques, les grossesses précoces, les mariages d’enfants ou encore l’éloignement des établissements scolaires favorisent l’abandon des études.
Dans les familles les plus vulnérables, les dépenses liées à la scolarité peuvent également peser lourd. Lorsqu’il faut faire un choix entre plusieurs enfants, les garçons sont souvent privilégiés.
À cela s’ajoutent les difficultés liées aux infrastructures scolaires. L’accès à des sanitaires adaptés, notamment pour les adolescentes, constitue aussi un facteur important pour maintenir les filles à l’école.
Un défi qui dépasse les frontières du Togo
La situation togolaise s’inscrit dans un contexte mondial. Selon l’UNESCO, 133 millions de filles étaient encore privées d’école en 2024, sur un total de 273 millions d’enfants et de jeunes non scolarisés dans le monde.
Pourtant, des progrès sont enregistrés. Depuis 2015, 50 millions de filles supplémentaires ont rejoint les bancs de l’école dans le monde. Les taux d’achèvement des études ont également progressé, notamment dans le primaire et le secondaire.
Mais l’Afrique subsaharienne demeure l’une des régions où les difficultés d’accès et de maintien à l’école sont les plus importantes. La pauvreté, les inégalités territoriales et certaines normes sociales continuent de limiter les possibilités offertes aux jeunes filles.
Investir dans l’avenir
Pour les spécialistes de l’éducation, permettre aux filles de rester à l’école ne relève pas seulement de la lutte contre les inégalités entre les sexes. C’est également un investissement dans le développement économique et social.
Une fille qui reste plus longtemps à l’école dispose davantage de possibilités pour accéder à une formation professionnelle, trouver un emploi et participer à la vie économique de son pays. L’éducation peut aussi contribuer à retarder les mariages précoces et les grossesses précoces et à améliorer les connaissances en matière de santé.
Au Togo, les progrès sont donc réels, mais le défi reste celui du maintien des filles à l’école jusqu’à la fin du secondaire en particulier dans les milieux les plus défavorisés.
L’enjeu, désormais, n’est plus seulement de faire entrer les filles à l’école, mais de leur permettre d’y rester, d’y apprendre et d’aller au bout de leur parcours. Car derrière chaque année supplémentaire de scolarité se joue une part de l’avenir des jeunes filles, mais aussi celui de toute la société.
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