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Accord BBNJ : le Togo mobilise collectivités et société civile pour la protection de la biodiversité marine

Rédigé par : Gapola

Le Togo reste mobilisé pour une meilleure gouvernance de l’océan. Le Haut Conseil pour la Mer (HCM), avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a tenu 24 août 2026, à Lomé, un atelier national de sensibilisation autour de l’Accord relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, plus connu sous l’acronyme BBNJ.

Ouvert depuis le 20 août 2026, l’atelier s’est poursuivi lundi avec une deuxième session consacrée à l’implication des collectivités territoriales, des communautés côtières et des organisations de la société civile. L’initiative s’inscrit dans le cadre du West Africa Sustainable Ocean Programme 3 (WASOP3), financé par l’Union européenne.

Placée sous le thème : « Outiller les collectivités territoriales et la société civile togolaise pour la sensibilisation, la mobilisation communautaire et le plaidoyer autour du traité BBNJ », cette rencontre ambitionne de renforcer la compréhension de cet instrument international et de préparer le terrain à sa ratification et à sa mise en œuvre effective au Togo.

Autour de la table figuraient notamment Lare Penn, directeur de cabinet du HCM et représentant du ministre délégué chargé de l’Économie maritime, Jean-Auguste Barthélémy Batieno, coordonnateur régional du projet WASOP3, ainsi que des maires, représentants des collectivités territoriales, communautés côtières et organisations de la société civile. La chefferie traditionnelle était également représentée par Togbui Mawuko Adéla Aklassou IV, chef du canton de Bé.

Ancrer la gouvernance de l’océan dans les territoires

Pour les organisateurs, l’un des principaux défis consiste à faire de la gouvernance durable de l’océan une préoccupation partagée jusque dans les territoires et les communautés.

« La gouvernance durable de l’océan doit prendre corps dans les territoires, mobiliser les collectivités locales, associer la société civile et intégrer les préoccupations des communautés », a souligné Lare Penn.

Cette dynamique, a-t-il indiqué, s’inscrit dans la vision portée par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, qui place la mer, la protection du littoral et des populations, ainsi que le développement d’une économie bleue durable parmi les priorités stratégiques du pays.

Adopté le 19 juin 2023, après plus de quinze années de négociations internationales, l’Accord BBNJ repose sur quatre piliers majeurs : le partage des avantages liés aux ressources génétiques marines, les outils de gestion par zone, notamment les aires marines protégées, les études d’impact environnemental, ainsi que le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines.

Les acteurs locaux au cœur de la mise en œuvre

Pour Jean-Auguste Barthélémy Batieno, la réussite du processus dépendra largement de l’implication des acteurs de terrain.

« Il ne s’agit pas seulement de présenter un instrument juridique international, mais de faire en sorte que chaque collectivité et chaque organisation présente reparte capable d’expliquer le BBNJ, d’identifier son propre rôle dans le dispositif et de relayer les messages essentiels auprès des populations », a-t-il expliqué.

Le coordonnateur régional du projet WASOP3 a particulièrement insisté sur le rôle de la société civile, considérée comme un pont essentiel entre les institutions publiques et les communautés.

Par la mobilisation, l’éducation et le plaidoyer, la société civile peut contribuer à rapprocher les politiques publiques des réalités vécues par les populations, à diffuser une information fiable sur le traité et à faire remonter les attentes des communautés vers les décideurs.

La chefferie traditionnelle prête à accompagner le processus

La mobilisation autour du BBNJ devrait également s’appuyer sur les autorités traditionnelles. Togbui Mawuko Adéla Aklassou IV, chef du canton de Bé, a salué l’initiative et assuré de la disponibilité de la chefferie traditionnelle à accompagner le processus de sensibilisation.

« La chefferie traditionnelle sera aux côtés de la plus haute autorité de notre pays pour accompagner ce processus, surtout dans la mobilisation et la sensibilisation de nos communautés », a-t-il déclaré.

Selon lui, les circuits communautaires déjà actifs sur les questions environnementales et de biodiversité pourront être mis à contribution afin d’assurer une large diffusion des informations relatives au traité BBNJ. Il a notamment évoqué l’association ERD, active dans le Grand-Lomé et dans le canton de Bé, comme l’un des relais communautaires susceptibles de contribuer à cette sensibilisation.

À travers cet atelier, le Haut Conseil pour la mer entend ainsi rendre l’Accord BBNJ plus accessible aux populations et favoriser son appropriation progressive par les collectivités territoriales, la société civile et les communautés côtières.

Au-delà de la sensibilisation, l’enjeu est désormais de bâtir une responsabilité collective autour de la protection de la biodiversité marine. Une étape importante pour le Togo dans la perspective de la ratification et de la mise en œuvre du traité, avec l’ambition de faire de la gouvernance durable de l’océan une réalité partagée par l’État et les acteurs de terrain.

Nicole MLAGA

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