Mama Omorou rappelle le président de l’Université de Lomé (UL) à l’ordre. Dans un courrier officiel, le ministre de l’Éducation nationale recadre les initiatives jugées irrégulières prises par le président de l’institution. Cette intervention met en lumière des violations du cadre réglementaire relatif à l’organisation et aux nominations au sein des Universités Publiques du Togo.
Une correspondance officielle datée du 6 novembre 2025, adressée aux présidents des Universités Publiques du Togo, marque un rappel ferme à l’ordre de la part du ministère de l’Éducation nationale. Ce courrier fait suite à plusieurs arrêtés signés par le président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi Hounake, instituant un poste de directeur de cabinet et procédant à une nomination à cette fonction. Le ministre estime que ces actes ne respectent pas la législation en vigueur.
Dans sa lettre, Mama Omorou insiste sur l’obligation de respecter scrupuleusement les textes. Il écrit notamment qu’il est impératif de respecter le cadre légal et réglementaire régissant l’organisation interne ainsi que les nominations au sein des universités publiques du Togo.
« Les universités, bien qu’autonomes, ne peuvent échapper aux règles administratives et financières établies…. Tout acte de création de structure ou de nomination pris en violation du cadre légal sera considéré comme nul et de nul effet », a souligné M. Omorou.
Le ministre cite également les dispositions légales prévoyant que toute création de service ou de nouvelle direction doit être encadrée par des procédures précises, validées par les instances internes compétentes puis, si nécessaire, approuvées par décret ou arrêté. Il précise que de telles initiatives ne sauraient être « initiées unilatéralement par un président d’université sans l’autorisation expresse du ministre de l’Éducation nationale ».
Pas de directeur de cabinet pour Prof Hounake
Ce recadrage vise directement les arrêtés pris le 8 octobre 2025 par le président de l’Université de Lomé. Ceux-ci créaient un poste de directeur de cabinet et y nommaient Kodjo Sosoe Kodjo, maître-assistant à la Faculté des sciences de l’homme et de la société. Or, d’après le ministère, ces actes ont été posés sans consultation préalable des services de tutelle.
« Je vous invite instamment à consulter impérativement les services compétents du ministère avant toute initiative relative à l’organisation interne ou à la nomination de responsables », a martelé le ministre de l’Education nationale.
Par cette intervention, le ministère rappelle la ligne rouge à ne pas franchir en matière d’organisation administrative dans les universités publiques. Tout en réaffirmant l’autonomie académique des établissements, le ministre martèle que celle-ci ne saurait déroger aux règles fixées par la loi.
Cette affaire expose les tensions persistantes entre les prérogatives des présidents d’université et l’autorité du ministère chargé de superviser le secteur. Elle soulève également la question du juste équilibre entre autonomie institutionnelle et respect du cadre réglementaire imposé par l’État.
@Gapola







