Une nouvelle alerte sur l’insécurité alimentaire remet la région des Savanes sous les projecteurs. Dans un communiqué publié le 9 juin, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) exprime sa vive inquiétude après les prévisions du Programme Alimentaire Mondial (PAM) faisant état de centaines de milliers de personnes menacées par une crise alimentaire. Le parti de l’opposition demande des réponses au gouvernement et réclame des mesures urgentes pour prévenir une dégradation de la situation.
L’ANC affirme avoir pris connaissance avec préoccupation des informations relayées par Radio France Internationale à la fin du mois de mai. Selon le PAM, plus de 330 000 Togolais pourraient être confrontés à une insécurité alimentaire aiguë dans les prochains mois en l’absence d’une assistance humanitaire rapide.
La région des Savanes apparaît une nouvelle fois comme la plus vulnérable. Cette situation inquiète particulièrement le parti d’opposition qui estime que les autorités auraient dû anticiper davantage les risques pesant sur les populations les plus exposées.
Dans son communiqué, l’ANC juge que l’urgence alimentaire annoncée nécessite une réaction immédiate de l’État afin d’éviter une aggravation de la précarité dans cette partie du pays.
L’opposition demande des comptes sur les investissements annoncés
Au-delà de l’alerte humanitaire, le parti de Jean-Pierre Fabre s’interroge sur les résultats des programmes engagés ces dernières années dans le nord du Togo. L’ANC pose notamment la question de l’utilisation des ressources mobilisées depuis 2019 dans le cadre de la lutte contre les conséquences de l’extrémisme violent.
« Qu’en est-il des centaines de milliards de francs CFA que le gouvernement affirme avoir investis dans la région des Savanes depuis 2019 ? », s’interroge le parti.
L’opposition demande également des explications sur la politique de constitution de réserves alimentaires stratégiques censée permettre au pays de faire face aux périodes de crise. Pour l’ANC, les difficultés actuelles soulèvent des interrogations sur l’efficacité des dispositifs de prévention mis en place.
Le parti critique par ailleurs les priorités du gouvernement, estimant que celui-ci « continue de consacrer des ressources considérables à l’organisation de sommets et d’événements de prestige » alors que, selon lui, les populations les plus fragiles peinent à satisfaire leurs besoins essentiels.
Pauvreté persistante et appel à un plan d’urgence
L’ANC relie cette menace alimentaire à une situation sociale plus globale. Le communiqué évoque notamment un taux de pauvreté multidimensionnelle de 92,3 % dans la région des Savanes selon des données des Nations unies datant de 2025.
Le parti souligne également que « les populations menacées » doivent bénéficier d’un plan national d’urgence alimentaire. Il réclame la publication d’une cartographie détaillée des zones à risque ainsi que des données statistiques jugées fiables et vérifiables.
Enfin, l’ANC appelle le gouvernement à « réorienter les ressources publiques vers les priorités nationales que sont la lutte contre la pauvreté, le développement durable, la sécurité alimentaire et l’amélioration des conditions de vie des populations ». Pour le principal parti d’opposition, l’alerte du PAM constitue un signal d’alarme qui impose des réponses rapides afin d’éviter une crise humanitaire dans le nord du pays.
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