Accueil » Togo : les commissionnaires en douane dénoncent des dysfonctionnements qui sabordent la compétitivité du port de Lomé

Togo : les commissionnaires en douane dénoncent des dysfonctionnements qui sabordent la compétitivité du port de Lomé

Rédigé par : Gapola

Les professionnels du transit et du commerce extérieur, réunis au sein de la Convergence des Commissionnaires en Douanes Agréés du Togo (CCDAT), tirent la sonnette d’alarme sur les nombreux dysfonctionnements qui affectent les activités du Port Autonome de Lomé (PAL). Face à la presse mardi 04 août 2026, à Lomé, ils ont dénoncé les retards de facturation, les surestaries jugées excessives, les lenteurs des manutentionnaires ainsi que les difficultés liées au port sec de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Des contraintes qui fragilisent la compétitivité du principal hub portuaire du Togo.

Les acteurs de la chaîne logistique portuaire dressent un constat préoccupant de la situation actuelle. Commissionnaires agréés en douane, transitaires et représentants d’opérateurs économiques estiment que les lenteurs administratives observées chez certains intervenants génèrent des coûts supplémentaires importants pour les importateurs.

Au centre des critiques figurent les consignataires et les sociétés de manutention, accusés de retarder l’émission des factures indispensables aux opérations de dédouanement. Les professionnels expliquent que, malgré les efforts de dématérialisation des procédures, plusieurs acteurs ne sont toujours pas pleinement intégrés au Guichet unique électronique du commerce extérieur (GUCE). Résultat : les usagers doivent parfois patienter entre 48 et 72 heures, voire davantage, avant d’obtenir une facture.

Pendant cette attente, les délais de franchise continuent de courir, exposant automatiquement les opérateurs au paiement de surestaries et d’autres frais additionnels. Une situation que la CCDAT juge profondément injuste et préjudiciable à l’attractivité du Port Autonome de Lomé, notamment auprès des opérateurs économiques des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

« La Douane fait preuve d’une grande réactivité. Si toute la chaîne fonctionnait au même rythme, il n’y aurait pratiquement pas de difficultés. Malheureusement, certains intervenants accusent des retards considérables, des retards que l’on pourrait assimiler à des actes bien réfléchis pour rançonner les opérateurs économiques », a déclaré le président de la CCDAT, Francisco Assiongbo Kpodar.

Le syndicat dénonce également la complexité des procédures de paiement des surestaries. Même lorsque les opérateurs souhaitent régler rapidement les montants exigés, les formalités administratives prolongent l’immobilisation des conteneurs et des véhicules. À cela s’ajoute l’obligation, dans certains cas, de déposer des cautions en espèces avant la sortie des conteneurs, puis de s’acquitter de frais de gestion de caution, une pratique jugée coûteuse et incompatible avec les ambitions nationales en matière de facilitation du commerce.

Les difficultés rencontrées au port sec de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) ont également été au cœur des préoccupations exprimées. Initialement conçu pour désengorger le Port Autonome de Lomé, cet outil est aujourd’hui pointé du doigt par plusieurs commissionnaires agréés qui dénoncent des délais supplémentaires dans le traitement des marchandises, au détriment des importateurs et de la compétitivité des entreprises.

Les professionnels attirent par ailleurs l’attention sur l’évolution du trafic maritime. Selon eux, la compagnie MSC concentre désormais une grande partie de ses activités sur les quais exploités par Lomé Container Terminal (LCT), où le transbordement occupe une place dominante. Ils estiment que cette compagnie représente entre 70 et 80 % du trafic portuaire, une situation qui soulève des interrogations sur le traitement des marchandises destinées au marché togolais.

Face à cette accumulation de difficultés, la CCDAT appelle les autorités portuaires, les consignataires, les manutentionnaires et l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique à ouvrir un dialogue constructif afin de trouver des solutions durables. Parmi les réformes proposées figurent la généralisation effective de la dématérialisation des procédures, l’intégration complète de tous les intervenants au GUCE, la réduction des délais de facturation, la révision du mécanisme des surestaries ainsi que la simplification des procédures de caution.

Pour les professionnels du transit et du commerce extérieur, ces mesures sont devenues indispensables afin de restaurer la fluidité des opérations portuaires, réduire les surcoûts supportés par les entreprises et préserver la position stratégique du Port autonome de Lomé dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.

@Gapola

E-Mail: thierryaffanoukoe@gmail.com

Tél : (00228) 92 42 51 78/71 76 79 53. Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Gapola.

A lire aussi...

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. AcceptER Lire Plus....

Politique de confidentialité et de cookies