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ANC : quand la calculette s’invite dans la bataille politique

Rédigé par : Gapola

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) sort la calculette et lance un appel à contributions, convaincue que l’alternance politique passe aussi par une caisse bien remplie. Entre réunions, mobilisations et ambitions pour l’année, le parti compte sur la générosité de ses militants et sympathisants. Reste à savoir si l’élan financier suivra le rythme des discours et des attentes.

Par une note officielle référencée N°26-007/ANC/BN-SG, le Bureau National de l’ANC a appelé l’ensemble de ses militants, sympathisants et bonnes volontés, aussi bien sur le territoire national que dans la diaspora, à contribuer au financement des activités du parti pour l’année 2026. Une démarche assumée, tant l’ANC a toujours fait de la mobilisation financière interne un pilier de son fonctionnement et de son indépendance politique.

Réunions statutaires, actions de terrain, mobilisation citoyenne, fonctionnement des structures : les besoins sont nombreux et le parti mise une fois encore sur l’engagement matériel de sa base. À ce jour, selon la liste partielle rendue publique, un montant total de 620 000 francs CFA a déjà été mobilisé, grâce aux contributions de responsables du parti, de militants et d’une fédération locale. Un chiffre encore modeste au regard des ambitions affichées, mais que la direction espère voir rapidement progresser.

De pilier financier à voix critique : la diaspora ANC s’interroge

Historiquement, l’ANC a souvent pu compter sur la générosité de sa diaspora, notamment en Europe et en Amérique du Nord, dont les contributions financières ont régulièrement constitué une part importante des levées de fonds du parti. Longtemps perçus comme un soutien indéfectible, ces militants de l’extérieur ont participé à maintenir le parti à flot lors des périodes les plus difficiles.

Cependant, depuis quelque temps, un malaise s’installe. Une frange de la diaspora ANC exprime ouvertement ses réserves, voire sa désapprobation, suite à la décision de Jean-Pierre Fabre d’accepter le poste de maire de commune, une fonction issue du cadre institutionnel actuel. Dans une lettre récemment adressée à la direction du parti, des militants de l’étranger écrivent notamment : « Nous avons toujours soutenu l’ANC financièrement et moralement parce qu’elle incarnait un refus clair des compromis avec un système que nous combattons. L’acceptation d’une fonction de maire par notre président brouille ce message et rend difficile la poursuite de notre engagement financier sans clarification politique ».

Cette prise de position, largement relayée dans les cercles militants, illustre une fracture naissante entre la direction nationale et une partie de sa base extérieure, traditionnellement parmi les plus contributrices. Si le Bureau National remercie chaleureusement les donateurs déjà engagés et assure que l’anonymat peut être préservé pour ceux qui le souhaitent, la question demeure : la confiance financière suivra-t-elle encore la ligne politique actuelle ?

À Lomé, en ce début d’année 2026, l’ANC joue donc une partie délicate. Entre fidélité militante, attentes de la diaspora et exigences de la lutte politique, la mobilisation des ressources financières apparaît plus que jamais comme un baromètre de l’état réel du parti.

@Gapola

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