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Savanes sous tension : la députée Brigitte Adjamagbo expulsée en pleine tournée parlementaire

Rédigé par : Gapola

La tension politique monte d’un cran dans la région des Savanesla députée Brigitte Adjamagbo-Johnson a été contrainte de quitter la zone sous escorte des forces de sécurité. L’élue effectuait une tournée parlementaire destinée à rencontrer les populations. L’incident relance le débat sur les libertés politiques et le fonctionnement des institutions au Togo.

Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, députée de la République, a été sommée de quitter immédiatement la région des Savanes alors qu’elle se trouvait à Dapaong dans le cadre d’une tournée parlementaire. Selon plusieurs témoignages concordants, l’élue a été encadrée par une unité spéciale de la police et de la gendarmerie qui l’ont accompagnée pour récupérer ses effets personnels avant de lui demander de prendre la route en direction de Lomé.

La parlementaire s’était rendue dans la région pour rencontrer les populations et faire le point sur plusieurs projets publics laissés inachevés, présentés comme des chantiers gouvernementaux abandonnés. Cette visite, qui s’inscrivait dans le cadre de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale, aurait suscité de fortes tensions avec les autorités administratives locales.

« Je viens d’apprendre que la députée Mme Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON a été invitée à quitter Dapaong par des agents des forces de défense et de sécurité. Elle s’y trouvait pour remplir une de ses missions de parlementaire : rendre compte de ses activités et contrôler l’action gouvernementale. Un député ne doit pas demander d’autorisation avant de remplir sa mission », a dénoncé Prof Aimé Gogué

Selon le président de l’ADDI, cette intervention des forces de sécurité « ne respecte aucun texte » et confirme, je cite encore Gogué, « l’habitude de ce régime de ne respecter aucune loi ».

Indignation politique et débat sur le rôle des élus

L’incident provoque une vague d’indignation dans certains milieux politiques et relance les critiques contre le système électoral et le fonctionnement des institutions. Plusieurs voix dénoncent une situation paradoxale dans laquelle une députée élue se voit empêcher de circuler librement sur le territoire national pour accomplir sa mission.

Pour certains acteurs politiques, cet épisode illustre les limites du rôle des partis dans un contexte jugé autoritaire. Ils estiment que la participation aux élections ne garantit pas l’exercice effectif des responsabilités publiques lorsque les règles ne sont pas respectées.

Des responsables politiques affirment également avoir saisi les présidents des deux chambres du Parlement ainsi que le gouverneur de la région des Savanes afin d’obtenir des explications sur l’attitude des forces de défense et de sécurité. Une demande de débat parlementaire serait envisagée lors de la prochaine session.

Sur le terrain, la situation reste calme mais suivie de près par les observateurs, qui redoutent une nouvelle montée des tensions politiques dans le pays, à l’approche de futures échéances électorales.

@Gapola

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