Komandega Gerry Taama, ancien député togolais et ancien candidat à la présidentielle au Togo, relance la controverse sur les conditions d’adoption de la Constitution de la Vè République par l’Assemblée nationale. Sur sa page Facebook, l’ex-président du NET revient sur le vote des députés, l’absence de référendum et la perte d’adhésion populaire qui, selon lui, fragilise durablement le pouvoir en place.
Dans sa sortie, Gerry Taama met l’accent sur ce qu’il considère comme l’un des tournants majeurs de la vie politique togolaise : l’adoption de la nouvelle Constitution par les députés, sans consultation référendaire. Pour l’ancien parlementaire, cette procédure a créé une rupture profonde entre les gouvernants et les citoyens.
Selon lui, « toutes nos autres Constitutions avant celle-ci avaient été adoptées par référendum », rappelant que la réforme institutionnelle ayant conduit à la Cinquième République a été votée uniquement par les élus. Le texte évoque le rôle déterminant des députés présents lors du scrutin, intervenu après plusieurs mois de retard, et qui engage selon lui l’avenir de toute la nation.
L’ancien député souligne également que ce vote concerne des millions de Togolais pour plusieurs décennies, estimant que la légitimité populaire aurait dû être recherchée avant toute modification fondamentale de la loi fondamentale. Dans son analyse, cette méthode expliquerait en partie la défiance actuelle envers les institutions.
Il rappelle que lui-même siégeait à l’Assemblée nationale durant la période des réformes politiques, un contexte marqué par de fortes tensions mais aussi par l’espoir de changements après 2005. Pour M. Taama, cette période avait suscité une véritable attente dans l’opinion, aujourd’hui largement dissipée.
L’adhésion populaire, « talon d’Achille » du pouvoir
Au-delà du vote constitutionnel, Gerry Taama estime que le principal problème du pouvoir actuel reste le manque d’adhésion de la population aux projets gouvernementaux. Il affirme que même avec d’importants moyens financiers, les résultats resteraient limités sans confiance entre dirigeants et citoyens.
« Plus personne ne croit réellement en ceux qui nous gouvernent », a écrit l’ancien officier des FAT qui ajoute que « l’absence d’adhésion empêche la réussite des politiques publiques malgré les plans successifs annoncés depuis deux décennies ».
L’ancien candidat à la présidentielle cite notamment les différents programmes économiques lancés depuis 2005, du DSRP au PND, jusqu’à la feuille de route gouvernementale actuelle, pour illustrer ce qu’il considère comme un manque de résultats concrets.
Il revient également sur les espoirs suscités au début du mandat de Faure Gnassingbé, rappelant les engagements sur la limitation des mandats, la lutte contre l’injustice et la volonté affichée de rupture avec les pratiques du passé.
Pour M. Taama, la crise d’adhésion s’explique aujourd’hui par « l’impunité, la corruption et l’injustice », mais aussi par l’absence de redevabilité et de communication avec la population.
Par ailleurs, l’ancien député estime que seule une transition respectant l’esprit des engagements pris au début des années 2000 pourrait restaurer la confiance, même s’il reconnaît lui-même que ce scénario reste peu probable dans le contexte politique actuel.
@Gapola





