La hausse récente des prix du carburant à la pompe continue de provoquer des tensions dans le secteur du transport togolais. Malgré les appels des autorités nationales au maintien des tarifs des transports urbains et interurbains au Togo, la société Solim Transport a procédé à une augmentation généralisée de ses prix. Une décision unilatérale qui suscite de vives réactions parmi les professionnels des transports et des usagers.
Depuis le 27 mai 2026, Solim Transport a revu à la hausse l’ensemble de ses tarifs sur plusieurs axes stratégiques du pays. Contrairement à ce qui a pu être observé ailleurs dans le secteur, il ne s’agit pas d’un ajustement isolé mais bien d’une revalorisation globale.
Parmi la nouvelle grille tarifaire affichée par Solim Transport, le trajet Lomé–Kara passe de 7 000 à 7 500 francs CFA. Mais d’autres lignes sont également concernées : Lomé–Dapaong–Lomé est désormais fixé à 10 500 francs CFA, tout comme Lomé–Cinkassé–Lomé. Le trajet Lomé–Bafilo–Lomé passe à 7 500 francs CFA, tandis que Sokodé–Lomé–Sokodé est désormais à 6 000 francs CFA. Enfin, Bafilo–Lomé–Bafilo suit la même tendance avec un tarif également fixé à 7 500 francs CFA.
Une augmentation jugée brusque par plusieurs observateurs, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte où les autorités avaient appelé à la retenue, le temps d’évaluer les impacts réels de la hausse du carburant.
Les acteurs du secteur prônent la concertation
Face à cette décision, plusieurs responsables du secteur du transport expriment leur désaccord. Ils insistent sur le fait que toute augmentation devrait être discutée de manière collégiale.
« C’est un peu difficile pour nous, mais nous faisons avec pour le moment. Si augmentation il devait y avoir, ce serait de concert avec les autres. Nous ne prenons pas les décisions de façon unilatérale, mais collégialement », affirme Atani Béguédou, directeur général de la compagnie L-K Transport et président de la Fédération Nationale des Sociétés de Transports Routiers du Togo (FNSTR-T), qui regroupe les acteurs majeurs du transport par autocars au Togo.
Du côté de la centrale syndicale des transporteurs routiers, le discours reste prudent. Le président de l’Union Syndicale des Conducteurs du Togo (USYCORT), Yaya Oukpédjo rappelle que des discussions sont en cours avec le gouvernement, notamment sur des mesures d’accompagnement comme une possible réduction des prix des péages. Il souligne également qu’aucune décision formelle d’augmentation n’a été actée à ce stade par les principaux acteurs du secteur.
Pour les usagers, cette hausse généralisée des tarifs représente une pression supplémentaire dans un contexte déjà marqué par la cherté de la vie. Le transport étant un maillon essentiel de l’économie, toute augmentation risque d’avoir des répercussions sur les prix des denrées et des services.
Le vice-président de la Faîtière Patronale Togolaise des Transporteurs Routiers (FP2TR) appelle d’ailleurs à la prudence : « Il n’y a pas encore eu de mot d’augmentation des tarifs. Les analyses et réflexions sont en cours pour éviter une hausse mécanique des prix d’une manière générale », a signalé Rémy Kodjo Kpadenou.
Dans ces conditions, la décision de Solim Transport apparaît comme un facteur de tension supplémentaire au sein du secteur. Elle soulève surtout la question du respect des décisions des autorités et des mécanismes de concertation et de régulation, dans un contexte où l’équilibre économique reste fragile.
@Gapola






