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Microfinance au Togo : une nouvelle loi pour encadrer un secteur en pleine expansion

Rédigé par : Gapola

Le secteur de la microfinance au Togo entre dans une nouvelle ère. Réunis en quatrième séance plénière de la première session extraordinaire de l’année, mardi 10 mars 2026 au Palais de l’Assemblée nationale, les députés togolais ont adopté à l’unanimité le projet de loi portant réglementation de la microfinance en République togolaise. Les travaux ont été présidés par le président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola.

Cette réforme intervient dans un contexte marqué par l’essor rapide des institutions de microfinance au Togo et dans l’espace de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA). Si ce secteur joue un rôle majeur dans l’inclusion financière et le financement des activités génératrices de revenus, il reste confronté à plusieurs défis, notamment des faiblesses en matière de gouvernance, de contrôle et de protection des épargnants.

Le nouveau texte vise ainsi à moderniser et à renforcer l’encadrement juridique du secteur afin de garantir sa stabilité, sa crédibilité et sa résilience. Conforme à la Constitution togolaise et à la loi uniforme adoptée au niveau de l’UMOA, il permet d’aligner le cadre national sur les standards communautaires et internationaux en matière de régulation financière.

Parmi les principales innovations, la loi prévoit un renforcement de la gouvernance des institutions de microfinance, une amélioration de leur solidité financière et un dispositif de supervision plus efficace assuré par le ministère chargé des finances, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Commission bancaire de l’UMOA.

Le texte introduit également plusieurs mécanismes destinés à mieux protéger les usagers des services financiers. Il instaure notamment des règles de transparence tarifaire, encadre la gestion des comptes dormants et met en place des dispositifs de traitement des réclamations ainsi que des mécanismes de médiation. Des mesures d’intervention précoce sont également prévues afin de prévenir les difficultés des institutions de microfinance et de garantir la sécurité des dépôts des épargnants.

Structuré en 174 articles répartis en dix titres, le projet de loi encadre l’ensemble des activités du secteur. Il définit les opérations autorisées et interdites, précise les conditions d’agrément et d’exercice des institutions de microfinance et renforce les règles de gouvernance interne. Le texte introduit par ailleurs l’encadrement de la finance islamique afin de diversifier l’offre de services financiers. Il prévoit aussi des dispositions comptables et prudentielles plus strictes ainsi qu’un dispositif de sanctions graduées en cas de manquement à la réglementation.

Au cours du débat général, le président du groupe parlementaire majoritaire UNIR, Aklesso Atcholi, a souligné l’importance stratégique de cette réforme pour l’économie nationale.

« La microfinance s’est imposée comme un instrument décisif d’inclusion économique et de transformation sociale », a-t-il déclaré, ajoutant que « protéger la confiance, c’est protéger l’épargne populaire et consolider la stabilité sociale ».

Cette réforme s’inscrit dans la vision du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui fait de l’inclusion financière un levier majeur de transformation économique et sociale. En renforçant l’encadrement du secteur, elle devrait faciliter l’accès au financement pour les petits commerçants, les agriculteurs, les artisans, les femmes entrepreneures ainsi que les jeunes porteurs de projets.

Au nom du gouvernement, le ministre de l’Économie et des finances, Essowè Georges Barcola, a rappelé l’importance de la microfinance dans la vie économique du pays.

« La microfinance est un vecteur puissant d’inclusion financière. Elle permet à des millions de nos concitoyens, en particulier les femmes et les jeunes, d’accéder aux services financiers de base pour entreprendre, investir et améliorer leurs conditions de vie », a-t-il indiqué, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à assurer une mise en œuvre efficace de cette réforme.

Pour le président de l’Assemblée nationale, l’adoption de ce texte constitue une avancée majeure dans la consolidation du système financier togolais.

« La loi portant réglementation de la microfinance que notre Assemblée vient d’adopter appartient à ces lois qui changent concrètement la vie des citoyens », a souligné le Professeur Komi Selom Klassou. Il a rappelé que, pour de nombreux Togolais, les institutions de microfinance représentent « la première porte d’entrée dans le système financier », incarnant « la finance de proximité, la finance accessible ».

@Gapola

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