L’opposition et plusieurs organisations de la société civile togolaises accusent le pouvoir de Lomé d’indifférence face à la détresse sociale. Elles dénoncent les célébrations fastueuses du 60e anniversaire du président du Conseil, sur fond de pauvreté croissante. La récente hausse des prix du carburant cristallise leur colère.
La contestation sociale s’intensifie. Dans un communiqué conjoint publié le 14 juin 2026, plusieurs partis politiques de l’opposition – ADDI, ANC, FDR et PSR – ainsi que des organisations de la société civile dénoncent ce qu’ils qualifient de « déconnexion totale » entre les dirigeants et les réalités vécues par la population.
Les signataires s’appuient notamment sur les alertes récentes d’organisations internationales et humanitaires concernant la dégradation des conditions de vie dans le pays. Ils rappellent qu’une part importante de la population vit sous le seuil de pauvreté et que plusieurs régions, en particulier celle des Savanes, sont confrontées à un risque accru d’insécurité alimentaire.
C’est dans ce contexte qu’ils critiquent les célébrations organisées autour du 60e anniversaire du président du Conseil, estimant que ces manifestations de réjouissance contrastent avec les difficultés quotidiennes des Togolais. Selon eux, ces événements symbolisent une gouvernance davantage préoccupée par son confort que par les urgences sociales.
La colère des opposants est également alimentée par la hausse des prix des produits pétroliers entrée en vigueur le 27 mai dernier. Ils affirment que cette mesure aura des répercussions directes sur le coût des transports et des produits de première nécessité, aggravant encore la situation des ménages les plus fragiles.
Le communiqué dénonce aussi ce qu’il présente comme des pratiques de gaspillage au sein de l’administration, notamment l’utilisation excessive de véhicules de fonction et les avantages accordés à certains responsables. Les signataires estiment que des économies pourraient être réalisées au sommet de l’État avant d’imposer de nouveaux sacrifices à la population.
Face à cette situation, ils réclament des mesures urgentes contre le risque de famine, une meilleure orientation des ressources publiques vers les besoins sociaux et davantage d’exemplarité de la part des autorités. Ils appellent également les syndicats à maintenir leur indépendance et à défendre prioritairement les intérêts des travailleurs.
Pour les auteurs du texte, le moment est venu d’engager un changement profond de gouvernance afin de garantir une répartition plus équitable des efforts économiques et une meilleure prise en compte des attentes de la population.
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