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Togo : 16 préfectures sur 39 dirigées par des militaires, l’armée aux commandes de la gouvernance territoriale

Rédigé par : Gapola

La présence des militaires à la tête des préfectures prend une place importante dans l’administration territoriale togolaise. À la faveur des dernières nominations intervenues le 22 octobre 2026, le pays compte désormais 16 préfectures dirigées par des personnalités issues des rangs de l’armée, en activité ou à la retraite, selon un recensement de la rédaction de Gapola. Un phénomène qui concerne plusieurs régions du pays et qui relance la question de la place des profils militaires dans la gouvernance territoriale.

Au Togo, les nominations préfectorales dessinent progressivement une configuration dans laquelle les profils militaires occupent une place significative. Sur les 39 préfectures que compte le pays, 16 sont dirigées par des officiers ou d’anciens officiers de l’armée.

Cette présence s’est renforcée avec les décisions du Conseil des ministres du 22 octobre dernier. Six nouvelles personnalités ont été nommées à la tête de différentes préfectures, dont quatre colonels. Il s’agit des colonels Djossou Agossa Essevi, Akagna Kodjo, Pidassa Bakaï et Fiawofia Doagbodji Kodjo, respectivement affectés à l’Avé, au Bas-Mono, à l’Est-Mono et à Kloto.

Des militaires à la tête de préfectures dans les cinq régions

La présence des militaires dans l’administration préfectorale ne se limite pas à une région particulière. Elle s’étend aux différentes parties du territoire national, des Savanes aux Plateaux, en passant par la Kara, la région Centrale et la région Maritime.

Dans les Savanes, une présence militaire dans plusieurs préfectures

Dans la région des Savanes, plusieurs préfectures sont confiées à des officiers ou anciens officiers. Il s’agit notamment de Cinkassé, dirigée par le lieutenant-colonel Yanani Tiékabe, de l’Oti, sous la responsabilité du colonel à la retraite Kondi Kidighan, et de Kpendjal-Ouest, confiée au colonel Pidassa Bakaï actuellement muté à l’Est-Mono.

Cette présence s’inscrit dans une région où les questions de sécurité, de gestion des frontières et de cohésion sociale occupent une place importante dans l’action de l’État.

Il convient toutefois de distinguer le cas de Kpendjal, dirigé par Balate Mikidjièbe, ancien commissaire divisionnaire de police, qui relève des forces de sécurité et non de l’armée.

Dans la Kara, des officiers à la tête de quatre préfectures

La région de la Kara compte également plusieurs responsables préfectoraux issus des Forces armées togolaises.

Les préfectures concernées sont :

Assoli : lieutenant-colonel Viagbo Mensah Kafui ;

Bassar : lieutenant-colonel Assiah Hodabalo ;

Dankpen : colonel Akpamoura Koffi ;

Doufelgou : colonel à la retraite Aziaba Ayi Sessi ;

Kozah : colonel Bonfo Faré.

Ces nominations illustrent la place accordée aux profils militaires dans l’encadrement administratif de cette partie du pays.

Région Centrale : deux profils militaires identifiés

Dans la région Centrale, les préfectures de Mô et de Tchamba présentent des configurations différentes.

À Mô, la responsabilité préfectorale est confiée à Agoh Mazamesso, chef d’escadron. Il figure parmi les responsables issus des corps militaires recensés.

Les autres préfectures de la région, notamment Blitta, Sotouboua et Tchaoudjo, sont dirigées par des personnalités civiles selon le recensement disponible.

Les Plateaux, un nombre important de préfets militaires

La région des Plateaux figure parmi les territoires où les profils militaires sont particulièrement présents.

Quatre préfectures sont notamment concernées :

Anié : Souley Abderman, colonel à la retraite ;

Est-Mono : Pidassa Bakaï, colonel ;

Haho : Gnakou Aloègnim, colonel à la retraite ;

Moyen-Mono : Gnakofre Yao, colonel à la retraite.

À cette liste s’ajoute Kloto, désormais dirigée par le colonel Fiawofia Doagbodji Kodjo, nommé lors du Conseil des ministres du 22 octobre 2026.

Dans la région Maritime, deux nouvelles affectations militaires

La région Maritime est également concernée par cette dynamique de nominations.

La préfecture de l’Avé est désormais dirigée par le colonel Djossou Agossa Essevi. Au Bas-Mono, c’est le colonel à la retraite Akagna Kodjo qui a été nommé préfet.

Ces deux nominations figurent parmi les quatre affectations militaires annoncées le 22 octobre dernier.

À l’inverse, les préfectures du Golfe, des Lacs, de Vo, de Yoto et de Zio restent dirigées par des responsables civils.

Une administration territoriale entre profils militaires et civils

La présence de militaires à la tête des préfectures traduit une orientation notable dans la composition de l’administration territoriale togolaise. Les nominations concernent aussi bien des officiers en activité que des officiers ayant déjà fait valoir leurs droits à la retraite.

Pour les autorités, ces désignations s’inscrivent dans le cadre du renforcement de l’administration territoriale et de la gouvernance de proximité. Les préfets représentent l’État dans leurs circonscriptions et participent notamment au maintien de l’ordre public, à la coordination des services déconcentrés et au suivi de la mise en œuvre des politiques publiques.

Toutefois, cette évolution soulève également des interrogations sur les critères de sélection des responsables préfectoraux, la place des administrateurs civils et les perspectives offertes aux cadres formés à l’École nationale d’administration (ENA).

Au-delà des grades et des parcours professionnels, la question centrale demeure celle des résultats sur le terrain : amélioration des services publics, proximité avec les populations, gestion des conflits locaux et accompagnement du développement des territoires.

16 préfectures sur 39 : un chiffre à suivre

Avec 16 préfectures sur les 39 que compte le Togo, les profils militaires représentent une proportion importante du corps préfectoral.

Il faut néanmoins souligner que ce décompte est journalistique et non une statistique officielle publiée par le gouvernement. Il distingue également les militaires des responsables issus d’autres corps de sécurité.

Les dernières nominations du 22 octobre confirment, en tout cas, la place des officiers dans l’administration territoriale. Reste à observer comment cette configuration contribuera à la gouvernance locale et à l’amélioration des conditions de vie des populations dans les différentes préfectures du pays.

Winner Prince Koffi

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