À Lomé, le ton se durcit entre le pouvoir et l’opposition. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a publié jeudi 28 mai 2026, une déclaration solennelle dans laquelle elle alerte sur de possibles manœuvres politiques en vue d’une révision constitutionnelle. Le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre évoque des rumeurs persistantes de dialogue politique et dénonce une stratégie destinée, selon lui, à maintenir au pouvoir Faure Gnassingbé.
Au cœur des tensions, une tribune signée par Christian Eninam Trimua, proche du pouvoir. Ce texte, à tonalité académique, est perçu par l’ANC comme révélateur d’intentions politiques à peine voilées. L’opposition y voit la préparation d’ajustements constitutionnels susceptibles de consolider durablement le pouvoir exécutif.
Dans sa déclaration, Jean-Pierre Fabre met en garde contre toute réforme qui viserait, selon ses termes, à « renforcer la confiscation du pouvoir » et à transformer la République togolaise en un régime de type monarchique.
Une défiance persistante vis-à-vis du cadre de dialogue
Le parti rappelle son refus, en février 2026, de participer au Cadre Permanent de Concertation (CPC), une instance qu’il considère comme un instrument de légitimation du pouvoir en place. Pour l’ANC, les discussions évoquées aujourd’hui s’inscriraient dans la continuité de cette logique, sans garanties réelles de réformes démocratiques.
Face à ce qu’elle qualifie de « dérive institutionnelle », l’ANC propose une série de principes qu’elle juge indispensables à la stabilité politique du pays. Parmi eux : le respect de la souveraineté populaire et de l’alternance, une séparation effective des pouvoirs, des institutions crédibles, l’organisation d’élections transparentes, la garantie des libertés publiques, ainsi que la neutralité de l’armée dans le jeu politique.
Dans ce contexte tendu, l’ANC appelle à une mobilisation des forces politiques et de la société civile togolaises. Elle invite également les citoyens à rester vigilants face aux évolutions en cours.
Au-delà des frontières nationales, le parti interpelle la communauté internationale et les organisations régionales, dans une région ouest-africaine déjà marquée par plusieurs crises politiques.
À ce stade, aucune annonce officielle de dialogue politique n’a été faite par les autorités togolaises.
@Gapola






