Dans le cadre de la célébration de la Journée de l’Enfant Africain (JEA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a appelé jeudi 13 juin 2024, les pays africains à investir davantage dans la qualité de l’éducation aux enfants du continent. Selon les analyses de l’organisme onusien sur le financement de l’éducation en Afrique, les pays du continent doivent accélérer leurs efforts pour respecter leur engagement d’allouer 15 à 20% de leur dépense publique à l’éducation.
Célébrée cette année sous le thème : « L’éducation pour tous les enfants en Afrique : l’heure est venue », la JEA a permis à l’UNICEF de publier de nouvelles analyses, visant à inciter les pays africains à revoir leur budget alloué à l’éducation, conformément aux recommandations dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD) sur l’éducation.
Des études menées dans 49 pays africains, moins d’un pays sur 5 ont consacré 20 % ou plus de leurs dépenses publiques à l’éducation, tandis que 24 pays se sont engagés à consacrer au moins 15 % de leur budget national à l’éducation et que 6 pays ont consacré moins de 10 % de leur budget national à l’éducation.
Selon l’UNICEF, la faiblesse des résultats de l’apprentissage reste très préoccupante : en Afrique, quatre enfants sur cinq âgés de 10 ans sont incapables de lire et de comprendre une histoire simple. Et pour relever le défi il ressort qu’environ 183 milliards de dollars américains sont nécessaires chaque année pour l’éducation des enfants dans les pays africains.
Pis, malgré le défi qui s’impose, les gouvernements africains consacrent environ 2 % de leur budget d’éducation à l’enseignement préscolaire, tandis que 20 % sont consacrés à l’enseignement supérieur en moyenne. Et ces dépenses se sont retrouvées en moyenne inférieure avec la crise de Covid-19 sur l’ensemble du continent.
Quid des efforts du Togo
En ce qui concerne le Togo, avec une part du budget de l’Etat s’élevant à 11,7% au bénéfice de l’éducation primaire et secondaire, le pays a, entre 2020 et 2024, augmenté de 52% le montant alloué à ce secteur. Une progression qui traduit l’engagement continu du Gouvernement à atteindre les Objectifs de Développement Durable d’ici à 2030 dans le domaine de l’éducation.
Dans l’ensemble, ces efforts ont permis au pays de progresser en termes d’accès, enregistrant en 2023 un taux net de scolarisation de l’enseignement primaire de 93.17%, accompagnés d’une quasi-parité filles-garçons, malgré les opportunités qui demeurent. Au nombre de ces dernières, il y a l’objectif de la qualité de l’éducation identifiée comme priorité nationale à la fois dans la Feuille de route gouvernementale 2020-2025 et dans le pacte de partenariat développé conjointement avec les partenaires du secteur en 2024.
« Les enfants ont droit à une éducation de qualité, mais les systèmes éducatifs ne répondent pas aux attentes d’un trop grand nombre d’entre eux. Pour éviter une catastrophe en matière de développement en Afrique, nous devons de toute urgence assister à une révolution continentale où les engagements se traduisent par des actions concrètes afin que les enfants puissent acquérir les compétences de base indispensables pour passer à des formes d’éducation plus poussées et réaliser tout leur potentiel », a déclaré Etleva Kadilli, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et Australe.
Ainsi plaide-t-elle à des solutions efficaces et rentables qui consistent à accroître les investissements publics dans la petite enfance, car les études confirment que les investissements dans le préscolaire sont parmi les plus percutants que les gouvernements puissent soutenir. Pourtant, l’éducation de la petite enfance continue de bénéficier de la part la plus faible du budget. Les enfants âgés de 3 à 6 ans peuvent sembler n’être qu’au début de leur vie, mais à ce moment-là, plus de 85 % du développement de leur cerveau est déjà presque en place. D’où l’importance d’investir tôt pour leur donner une chance de prendre le meilleur départ dans la vie.
« Plus de 100 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire et secondaire ne sont pas scolarisés en Afrique. Chaque enfant devrait bénéficier du soutien dont il ou elle a besoin – en matière d’apprentissage, d’acquisition de compétences pertinentes et d’accès au travail et à d’autres opportunités – pour réaliser pleinement son potentiel et contribuer à la construction d’un continent inclusif, productif et pacifique. Pour réaliser de tels progrès, il faut investir dans le capital humain et promouvoir des possibilités d’apprentissage accessibles, inclusives, abordables et pertinentes pour tous les enfants et jeunes africains », a expliqué Gilles Fagninou, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Selon Adele Khodr, directrice régionale de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord les dirigeants, un travail d’ensemble doit être fait pour construire des systèmes éducatifs résilients.
« Dans toute l’Afrique, les enfants, les jeunes et leurs communautés scolaires sont touchés par des situations d’urgence, qu’elles soient naturelles ou d’origine humaine. Il est important que les dirigeants, les décideurs et les communautés elles-mêmes se concentrent sur la construction de systèmes éducatifs résilients et inclusifs à tous les niveaux qui peuvent soutenir efficacement la continuité de l’apprentissage, même dans les situations d’urgence et en particulier pour les apprenants les plus vulnérables. Le continent et ses enfants ne peuvent pas se permettre une nouvelle perte d’apprentissage », a-t-elle déclaré.
@gapola






