L’Union des Forces de Changement (UFC) tient ce samedi 08 août 2026, son 10ᵉ congrès ordinaire. Entre bilan électoral, adaptation aux récents changements constitutionnels et perspectives de renouvellement à la tête du parti, la formation politique historique de « l’Ablodé » entend redéfinir sa place sur la scène politique togolaise.
C’est un rassemblement clé pour la formation historique de l’opposition togolaise. Réunis dans la capitale sous la bannière de « l’Ablodé » (liberté, en langue éwé), les délégués de l’UFC dressent le bilan de leur ancrage dans un paysage institutionnel profondément remanié. L’accord politique de 2010 avec le pouvoir ayant marqué un tournant majeur, le parti entend aujourd’hui assumer son rôle au cœur des nouvelles institutions.
Cap sur la Vᵉ République et la main tendue de la majorité
Au centre des échanges figurent le passage du Togo à un régime parlementaire, une mutation constitutionnelle soutenue par le parti. Prenant acte des derniers résultats électoraux qui placent l’UFC en troisième position sur l’échiquier national — derrière le parti présidentiel Unir et l’ANC, la direction du parti a appelé au rassemblement pragmatique derrière la majorité victorieuse pour œuvrer aux politiques de développement (accès à l’eau, emploi, santé, éducation).
L’ambition affichée est de peser directement sur la gestion des affaires publiques tout en réaffirmant le cap historique de l’UFC : « Le 27 avril 1960, le combattant suprême et distingué militant du mouvement Ablodé, feu Sylvanus Olympio, propulsait notre pays dans nos concerts des nations indépendantes avec pour ambition de faire du Togo l’or de l’humanité comme l’ont rêvé les pères fondateurs », a rappelé le 2ème vice-président de l’UFC, représentant spécial de Gilchrist Olympio, président national de l’UFC à la tribune officielle à l’ouverture des travaux du congrès ordinaire du parti.

La tentation de la retraite et l’appel de la discipline
L’autre grand enjeu de ces assises réside dans l’émergence d’une nouvelle génération de cadres et la question du passage de témoin. Alors que l’hypothèse de départs à la retraite au sommet de l’appareil a été remise sur la table pour laisser la place aux jeunes et aux femmes, le parti s’en remet aux décisions arbitrales de ses instances et à la maturité de ses militants.
Face aux réticences et aux discussions internes suscitées par la perspective d’un passage de flambeau, l’appel à la cohésion est resté de mise pour éviter toute fracture avant les prochaines échéances : « Je croyais que le congrès aujourd’hui s’exprimera sur quel sera notre sort, collectif et individuel. Et je me plierai à la discipline du parti », a souligné M. Alipui devant les congressistes avant d’appeler « à l’Union, à la Paix et à la Solidarité pour bâtir un parti qui nous rassemble, nous protège et transforme notre pays. L’UFC est à vos côtés. Ce congrès est la preuve que nous ne baissons pas les bras. Nous allons sortir d’ici avec une feuille de route claire pour optimiser notre action politique ».
Réorganiser le maillage territorial pour l’avenir
Pour l’UFC, l’objectif immédiat reste la consolidation de son implantation locale. Face aux défis socio-économiques majeurs auxquels fait face la population togolaise, le parti veut continuer d’incarner une force d’opposition constructive capable de formuler des propositions concrètes.
En réaffirmant sa volonté de poursuivre son travail sur le terrain et d’assumer son histoire, le parti de Gilchrist Olympio entend prouver qu’il demeure un acteur inévitable de la vie politique togolaise dans cette nouvelle ère institutionnelle.
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